Vacances 2012 ?

1er juillet : la période des vacances commence, mais pas pour tout le monde. Les « travailleurs » de l’Europe, les politiques, les fonctionnaires, les experts, etc… ont devant eux trois chantiers, étroitement imbriqués, et qu’ils ne peuvent déserter fut-ce pour quelques semaines.

Le chantier qui saute aux yeux est celui de l’économie et de la monnaie où, à côté des mesures d’urgence pour empêcher le hors-jeu de la Grèce, de l’Espagne et de l’Italie en attendant d’autres incendies, il faut aussi trouver le bon compromis entre deux exigences à peu près également justifiées : la rigueur pour remettre en ordre les finances publiques et la croissance pour éviter l’anémie. Un pas important a été franchi lors du sommet des 28 et 29 juin dernier. Mais ce premier pas doit être suivi par d’autres. C’est tout à fait faisable, même si, pour ce faire, il faut mélanger des approches traditionnellement de droite ou traditionnellement de gauche.

Le second chantier est celui des institutions. La crise a eu le mérite de confirmer que non seulement nous avions plus que jamais besoin de nous unir pour exister face à la puissance des nouveaux pays émergents, mais que nous avions aussi besoin d’une Europe forte avec des institutions capables de prendre rapidement des décisions cohérentes et audacieuses. Les idées fusent de tout côté. On reparle de fédéralisme. On en a reparlé au dernier sommet. C’est très bien. Il faut maintenant choisir et mettre en œuvre ces choix. C’est difficile, mais là aussi c’est tout à fait faisable.

Enfin, il y a un troisième chantier dont on parle moins ces temps-ci à Bruxelles, mais qui est extrêmement important : celui de la crise morale qui couve aujourd’hui en Europe. La crise économique y est pour quelque chose. La montée des nationalismes, le retour des tendances xénophobes, racistes, le rejet de l’autre et le repli sur soi… tout cela est la négation même du projet européen. Tout cela peut détruire l’Union européenne, la ronger de l’intérieur. Sur ce chantier-là, il faut prendre les choses à bras-le-corps.

Ceci dit : Bonnes vacances quand même !