Editorial de la nouvelle Présidente – 2 mai 2017

Mai, le « Joli mois de l’Europe » : partout en France, depuis des semaines, comme chaque année, les bénévoles et les salariés des Maisons de l’Europe s’activent à préparer, avec le soutien des collectivités locales et la participation de nombreuses associations, cette Fête de l’Europe qui est pour nous toutes, et pour notre Fédération, le moment fort de l’année. Sans aveuglement naïf, nous tenons à marquer de façon joyeuse notre attachement à l’Europe que nous aimons, celle de la paix durable entre peuples naguère divisés, celle de la démocratie, celle de la liberté de mouvement et d’expression qui permet et encourage, l’ouverture à l’autre, les rencontres, les échanges, la solidarité…

Cette année, nous abordons notre Fête avec l’angoisse au cœur.

L’Europe a été au centre des débats de l’élection présidentielle en France. En cette veille de deuxième tour, elle est un des principaux enjeux qui divisent les deux candidats et détermineront l’avenir de la France et de l’Europe. Pour l’une, malgré quelques contorsions de dernière minute, la sortie de l’Union européenne apporterait la réponse à tous nos maux. L’autre s’est distingué tout au long de sa campagne par l’affirmation que le destin de la France se joue dans le cadre de l’Union européenne, dont il a affiché le drapeau.

Face à ce choix, trop de nos concitoyens hésitent encore, tentés de rester muets ou inaudibles.

Il est clair que le fonctionnement des institutions de l’Union européenne n’est pas à la hauteur des enjeux du monde actuel, non plus qu’aux attentes de ses habitants. Où en est « l’union sans cesse plus étroite » entre ses peuples, où en sont  les objectifs  de plein emploi et de progrès social, de niveau élevé de protection de l’environnement, de cohésion économique, sociale et territoriale, de combat contre l’exclusion sociale, de solidarité entre Etats membres que ses gouvernants se sont unanimement fixés comme but dans le traité de Lisbonne ? Le Brexit a été un signal d’alarme, le 60ème anniversaire du Traité de Rome a été l’occasion de souligner que l’Europe est à la croisée des chemins.

Si elle peine à répondre aux défis d’un monde en pleine mutation, c’est qu’elle est une construction complexe, diverse, en permanente évolution… mais aussi une communauté unique au monde de valeurs, de principes de droit, et d’intérêts économiques et sociaux entre plusieurs peuples.

Cette construction, elle peut et doit être améliorée au bénéfice de ses citoyens, mais aussi de l’avenir de la planète, nos Maisons de l’Europe en sont convaincues.

Mais pour cela, il faut qu’elle perdure. L’élection de Marine Le Pen, avec le retrait de l’Union, entrainerait des conséquences catastrophiques pour la France et serait mortelle pour l’Europe.

Les Maisons de l’Europe appellent donc à surmonter les doutes, les découragements, la tentation de l’abstention ou du vote blanc. Non seulement un vote clair pour Emmanuel Macron garantit la sauvegarde de l’Union européenne, mais ce vote doit  être  suffisamment massif pour donner à la France la légitimité nécessaire pour peser dans les débats européens, et les réorienter vers le respect des buts fixés par les pères fondateurs et leurs successeurs.

Nos Maisons  sont attachées au pluralisme des opinions de leurs membres.

Chacun aura dès demain, dans le cadre des élections législatives, la possibilité d’exprimer, dans le respect des principes de la démocratie et de l’état de droit, ses choix pour la politique économique et sociale de la France et pour l’Europe. L’élection du Parlement européen en 2019 n’est pas loin, elle devra être l’occasion de dire l’Europe que nous voulons, nos Maisons y contribueront de toutes leurs forces.

Car pour donner un sens à ces échéances électorales, c’est au quotidien que les citoyens doivent s’emparer des enjeux européens ; la raison d’être des Maisons de l’Europe est de contribuer à faire des français des « citoyens européens » éclairés, conscients de la diversité des réalités vécues par les 500 millions d’européens. Entre ces réalités diverses, il faut trouver des compromis, comme au sein de chacun de nos pays ; mais aussi  comprendre et valoriser tout ce qui nous unit profondément, pour constituer cette société civile européenne dont seule la pression peut amener nos dirigeants à avancer dans le chemin tracé il y a 60 ans vers plus d’efficacité économique, de solidarité, de justice sociale et de sauvegarde de la planète.

Avec les autres associations à vocation européenne, nous attendons du prochain président que les questions européennes ne relèvent plus des « Affaires étrangères », qu’il s’engage à soutenir activement l’investissement des acteurs de la société civile dans la construction d’une vraie démocratie européenne.

Le 7 mai, seul un vote massif pour Emmanuel Macron peut nous permettre de continuer notre mission.

Martine BURON
Présidente de la FFME