Un nouveau monde, 70 ans après la déclaration Schuman

Un nouveau monde, 70 ans après la déclaration Schuman

Voici un peu plus d’un mois, nous nous séparions à l’issue de nos Rencontres de Scy-Chazelles et Metz. Centrées sur le 70ème anniversaire de la déclaration Schuman- mais aussi de la Convention européenne des Droits de l’Homme – elles s’étaient malgré les inquiétudes croissantes sur la diffusion du Covid 19, déroulées dans de très bonnes conditions, permettant des échanges approfondis autour des valeurs qui donnent son sens à la construction européenne, et des compétences nécessaires à une culture de la démocratie.

Depuis ces journées des 12 au 14 mars, l’Europe, le monde entier, ont vu leur santé, leurs économies, leurs habitudes, leurs certitudes, balayées par la pandémie. L’Union européenne, pour sa part, a été une fois de plus mise en question pour son manque de réactivité et le manque de solidarité entre ses Etats membres. Pourtant ses institutions ont agi, face à l’urgence sanitaire, dans la mesure de leurs compétences.

Le débat a été lancé sur les moyens à mettre en œuvre pour reconstruire un économie mondiale ravagée. Le parallèle s’impose avec le moment où Robert Schuman lançait son appel voici 70 ans.

Les responsables européens de l’économie et des finances ont fini par s’entendre sur les premières, et importantes, mesures de soutien. Mais nous ne sommes qu’au début du chemin : le monde a changé depuis la déclaration Schuman. Nous sommes conscients aujourd’hui que la reconstruction, le monde nouveau à préparer -avec l’audace, la générosité, l’obstination dont fit preuve Robert Schuman – devront intégrer les défis climatique et social.

Que manque-t-il aujourd’hui à l’Europe pour y répondre ?

J’ai trouvé un élément de réponse dans le « point de vue » d’un ancien ministre italien, publié voici quelques jours dans le quotidien Ouest-France : « Que manque-t-il à l’Europe ? On vous dira : une fiscalité unitaire, la fin du vote à l’unanimité, un plus grand rôle du Parlement, la fin du pacte de stabilité ou des accords de Dublin, des eurobonds, et autre… mais ce qui manque vraiment à l’Union est plus simple mais beaucoup plus rare : l’amitié ».

Cette amitié n’est pas accord sur tout, mais volonté et plaisir d’échanger et de débattre sincèrement, envie de mener à bien des projets communs, capacité à dépasser son intérêt personnel immédiat pour faire face ensemble aux difficultés de la vie… Eh bien oui, cette amitié, au sens politique, elle ne transparaissait guère dans les derniers débats du Conseil. Et pourtant elle existe entre citoyens de l’Union ; nous en sommes les témoins tous les jours, à travers les échanges de jeunes, les jumelages, les innombrables réseaux de solidarité professionnelle au niveau européen…

Cette amitié entre citoyens européens, qui seule convaincra nos responsables politiques de mettre en œuvre une véritable solidarité, c’est la raison d’être de nos Maisons.

C’est pourquoi notre projet « Vivre ensemble en Europe », est plus pertinent que jamais.

C’est pourquoi, alors même que les circonstances nous amènent à supprimer les manifestations physiques liées en ce mois de mai à la Fête de l’Europe, il est important de marquer par tous les moyens ce 70ème anniversaire d’une déclaration qui se voulait fondatrice d’un monde nouveau. Vous êtes nombreux, dans les Maisons à multiplier les initiatives en sens ; la Fédération vous en propose pour le 9 mai l’initiative #70Schuman, à laquelle se joignent de nombreux partenaires.

Puissions-nous continuer à contribuer, en ce mois de mai et dans les mois à venir, à l’émergence d’un peuple européen d’amis vrais.

 

Martine Buron
Présidente de la FFME