Edito de Frédéric Bourquin – Trois anniversaires européens

Edito de Frédéric Bourquin
En 2022, trois anniversaires européens

 

« En 2022, trois anniversaires européens

Cette année, nous fêtons trois anniversaires importants pour la construction européenne :

– Les 35 ans du programme Erasmus : l’idée de ce programme est née de la colère d’une étudiante italienne, Sofia Corradi, obligée de recommencer ses études car sa formation n’était pas reconnue dans les autres pays européens. Une association étudiante, l’EGEE, formule le projet d’un programme d’échanges universitaires, programme qui est repris par François Mitterrand puis porté par le comité pour l’Europe des citoyens, l’un des comités créés par le Conseil européen de Fontainebleau (25-26 juin 1984) pour préparer l’Acte unique. Le programme est définitivement adopté en 1987. Le nom provient d’un double acronyme : le nom anglais du programme, «  European Region Action Scheme for the Mobility of University Students” et le nom latin du grand humaniste hollandais Érasme.

Depuis, le programme s’est élargi à des populations non universitaires (apprentis) et a absorbé différents programmes de formation pour devenir Erasmus+ ; il concerne tous les pays de l’Espace économique européen, les pays candidats et Israël.

Depuis 1987, environ 10 millions de personnes auraient bénéficié des échanges Erasmus.

C’est certainement grâce à Erasmus que nous allons forger des générations de vrais Européens, affranchis des préjugés vis à vis des autres pays. C’est le socle d’une vraie citoyenneté européenne.

– Les 30 ans du traité de Maastricht (7 février 1992). Ce traité fait faire un bond significatif à la construction européenne en réunissant sous un chapeau commun, l’Union européenne, les trois Communautés qui existaient à l’époque : la Communauté européenne du charbon et de l’acier (C.E.C.A créée en 1951), la Communauté économique européenne (C.E.E fondée en 1957) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom établie en 1957). Ce traité créait également une citoyenneté européenne, se superposant aux citoyennetés nationales et une Union économique et monétaire, première pierre du futur euro. Malgré une ratification  difficile, il est entré en vigueur le 1er novembre 1993 au prix d’exemptions pour le Danemark et le Royaume-Uni

– Les 20 ans de l’Euro. C’est la conséquence directe du traité de Maastricht. Il est né le 1er janvier 1999 sous une forme scripturale (uniquement pour les besoins des marchés financiers) puis, concrètement le 1er janvier 2002 sous forme de billets et de pièces remplaçant les monnaies nationales. Actuellement, l’euro est devenu la monnaie unique de 19 États de l’Union européenne et de 6 États non membres (Andorre, Kosovo, Monaco, Monténégro, St Marin et le Vatican). C’est la deuxième tentative de création d’une zone monétaire multinationale en Europe après l’Union latine, fondée au XIXe siècle et disparue suite à la Première guerre mondiale. Désormais, il n’y a plus de frais de change entre pays européens et il est désormais possible de comparer les prix. Cette zone, que certains spécialistes voyaient disparaître à terme, subsiste bien vivante 20 après et l’euro est devenu une des grandes monnaies internationales de paiement et de réserve.

 

Ces trois anniversaires mériteraient d’être évoqués lors de nos prochaines fêtes de l’Europe (Europe Tour).

L’Europe est capable de grands pas, souvent sous une contrainte extérieure (pour l’euro, le flottement du dollar puis de toutes les monnaies) ou à la faveur d’un événement historique (pour le traité de Maastricht, chute du Rideau de fer et ses conséquences).

Espérons que dans une dizaine d’années nous fêterons la création de l’Europe de la défense et de celle de l’énergie, grâce ou plutôt à cause de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

 

Frédéric Bourquin

Président de la Fédération Française des Maisons de l’Europe