Courage politique

Dans la tourmente actuelle, il est réconfortant d’entendre des voix fortes qui montrent le chemin.

C’est Helmut Schmidt, le Sage entre les Sages, qui admoneste ses compatriotes : « En tant que nation la plus peuplée de l’UE et Etat le plus fort du point de vue économique de la zone Euro, nous avons le devoir de rendre la solidarité dont nous avons été l’objet, en étant à notre tour solidaires avec nos voisins et nos partenaires » (discours prononcé le 10 novembre dernier à l’occasion de la remise d’un prix).

C’est Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances qui, dans un entretien publié dans Le Monde (13-14 novembre 2011), met tout son poids politique dans la balance : « Que l’Europe continue d’avancer. C’est notre grande mission. Car dans le monde globalisé du XXIème siècle, nous avons besoin d’une Europe forte, capable d’agir sur la scène mondiale ». Et il propose une révolution institutionnelle : l’élection au suffrage universel du Président de la Commission.

C’est Angela Merkel, quelques jours avant le Congrès de son parti, qui appelle à plus d’intégration et à des abandons de souveraineté nationale : « Parce que le monde change considérablement, nous devons être prêts à répondre aux défis. Cela signifiera davantage d’Europe, et non le contraire ».

Il n’y a pas que des allemands pour souhaiter plus d’Europe. Nombre de français et d’autres européens ont les mêmes convictions. Mais force est de constater que les grandes voix politiques en mesure de peser sur l’évolution des choses sont aujourd’hui du côté de Berlin. Arrogance de leur part ? Facile à dire, car il faut au contraire un grand sens des responsabilités pour s’engager si fortement en faveur d’une Europe plus unie et plus forte, au risque de heurter les réflexes populaires. Il faut une vision et… du courage. C’est valable dans tous les pays, y compris notre France.