Contester : pourquoi ? jusqu’où ?

Nous ne sommes plus à Tunis il y a quelques mois, mais nous sommes aujourd’hui à Madrid où des hommes et des femmes, surtout des jeunes, manifestent leur colère. Entre les deux, il y a évidemment des différences, mais aussi des ressemblances.

Dans les deux cas, chômage, salaires trop faibles, bref difficultés économiques et sociales sont devenues insupportables. Mais dans les deux cas il y a aussi crise politique et morale. A Tunis, au Caire, dans d’autres pays arabes, la foule demande plus de liberté, de démocratie face à des régimes autoritaires devenus des prédateurs odieux. A Madrid, et plus ou moins dans toute l’Europe, la démocratie elle-même est en crise. Non seulement les mécanismes représentatifs se grippent, mais les valeurs, les repères de la société vacillent. Trop de dirigeants – pas tous heureusement – non seulement paraissent inefficaces pour résoudre les problèmes matériels, mais ils donnent l’image de gens dont l’action a perdu toute dimension éthique. Or la démocratie a besoin d’un contenu éthique pour ne pas dire moral.

La construction européenne est particulièrement concernée, elle qui s’est toujours voulue un modèle de démocratie et d’humanisme. Les citoyens européens sont-ils entrain de se réveiller…