Editos de Catherine Lalumière
L’Europe a fêté le 25e anniversaire de la signature des Accords de Schengen
Le 13 juin 2010 a eu lieu la grande journée des festivités officielles au Luxembourg dans le cadre du 25e anniversaire de la signature des Accords de Schengen, village luxembourgeois, limitrophe de l'Allemagne etde la France. Une séance académique, suivie de l'inauguration du Musée européen à Schengen, a eu lieu en présence de nombreuses personnalités de l'Union européenne et de la Grande Région.
Ainsi ont participé aux festivités le Grand-Duc Henri et la Grande-Duchesse Maria Teresa, les représentants des États membres de l'Union européenne, Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, José Manuel Barroso, le président la Commission européenne, et Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. Les signataires de l’Accord, Robert Goebbels, ancien secrétaire d'État pour le Luxembourg, et Catherine Lalumière, ancienne secrétaire d'État pour la France, y ont également assisté.
** photo prise le 13/06/2010, à Schengen à l'occasion de la célébration du 25ème anniversaire de l'Accord de Schengen, Catherine Lalumière pour la France et Robert Goebbels pour le Luxembourg, deux des "signataires historiques" de l'accord s'entretiennent avec José Manuel Barroso et Viviane Reding, Président et vice-Présidente de la Commission européenne
Enfin !
Le 10 mai, au lendemain de la Journée de l’Europe, on apprenait une grande nouvelle : l’Union européenne adoptait un plan d’urgence de grande ampleur pour aider la Grèce et sauver l’euro. On aurait dû le faire plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais. La solidarité l’a emporté sur le repli sur soi. Bravo !
Pour autant ce n’est qu’un début. Nous savons bien qu’il faut aller plus loin :
- Coordonner davantage les politiques économiques et aller vers une politique économique commune. Même mouvement dans le domaine fiscal et le domaine social. La zone euro a besoin de plus de cohérence et de cohésion.
- Relancer la croissance. Celle de l’Europe est molle, très molle.
- Donner des outils plus efficaces à la BCE pour qu’elle puisse intervenir, y compris pour aider les Etats membres en difficulté…
Tout cela nécessite de la volonté, une vision politique et, comme le disait Jean Monnet, de la DETERMINATION.
9 Mai 2010
Cette année nous allons fêter le 60e anniversaire de la déclaration de Robert Schuman. Dans toute l'Europe, c'est l'occasion de faire un bilan.
Robert Schuman serait sans doute heureux de voir le chemin parcouru. D'abord l'unification du continent ; la terrible coupure Est-Ouest est terminée ; l'Union européenne rassemble 27 pays ; le Conseil de l'Europe en regroupe 47. Ensuite, l'accroissement des compétences et des pouvoirs délégués par les Etats à l'Union européenne qui est entrain de devenir une entité juridique et politique à part entière sur la scène internationale.
Certes les avancées sont cahotiques. On s'impatiente devant les lenteurs, les hésitations des instances dirigeantes. On est contre certaines décisions et orientations politiques. On s'interroge sur la capacité de l'Europe à faire vivre son modèle de société, ses valeurs, sa culture voire sa civilisation dans les crises et boulversements du Monde.
Mais le 9 Mai, tout de même, c'est une fête, un bonheur, un espoir qu'il faut savoir savourer et fabriquer. "Faîtes l'Europe" vous aussi !
EU 2020
Récemment se sont réunis à Bruxelles 9 think tanks pour discuter de l’Union et de la stratégie EU 2020.
Dans un futur proche, le groupe des Sages présidé par l’ancien Président du gouvernement espagnol, Felipe Gonzalez, doit remettre ses conclusions sur l’avenir de l’Europe.De nombreux ouvrages et articles sont rédigés sur ce thème : Où va l’Union européenne ?
Ce grand nombre d’études et de propositions est de bon augure. Mais, de grâce, de nous contentons pas d’analyser et de proposer. L’Europe a besoin de responsables politiques qui assument leurs responsabilités, qui décident, qui prennent des risques notamment celui de déplaire à court terme, bref qui aient de l’ambition politique.
Dans cette conjoncture, souhaitons que se concrétise l’idée lancée récemment par le nouveau Président du Conseil européen, M. Van Rompuy, de réunir tous les mois les chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil européen pour qu’ils assument en commun la responsabilité de tracer les orientations essentielles et prennent les décisions qui y sont liées.
Et souhaitons aussi que le Président de la Commission, José Manuel Barroso, manifeste la même détermination…
Janvier s'achève ...
L'UE est toujours en période de transition. Les nouvelles autorités ne prendront véritablement leurs fonctions qu'à la mi-février. Mais, tout de même on s'impatiente. Un exemple : Haïti. On sait que l'Union participera fortement à la reconstruction. C'est toujours ainsi que les choses se passent : l'UE est le plus grand bailleur de fonds pour l'aide aux pays en voie de développement.
Mais on aimerait que cela se voit un peu plus, que les représentants de l'Union soit un peu plus visibles. Il paraît que Catherine Ashton, la nouvelle haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères a pris quelques vacances. C'est son droit ... mais un minimum de sollicitude et de propositions concrètes exprimé sur les ondes envers le peuple haïtien aurait été bienvenu. La discrétion n'a pas que des avantages ...
Bonne année à tous !
Bonne année bien sûr ! Mais en ce qui concerne l'Europe on ne peut s'empêcher d'être perplexe. Certes la mécanique fonctionne : mise en oeuvre du traité de Lisbonne ; mise en place de la nouvelle Commission ; premiers pas du nouveau Parlement, etc ...
Mais on voit bien que, sur le fond des choses, l'Europe est sur la crête et risque de tomber sur la mauvaise pente ... ou sur la bonne.
Comment retrouver la croissance économique, mais une croissance non agressive qui ne détruise pas l'environnement, qui ne néglige pas la justice sociale, qui ne viole pas les libertés ? Comment développer une économie ouverte, sans retomber dans les excès d'un capitalisme financier devenu fou ? Comment assurer la sécurité des européens dans un monde qui reste lourd de conflits et de violences ?
Comment, comment ... ? Une année se termine, une autre commence qui aurait bien besoin de vision, d'imagination et de souffle ...
C'est parti... Le Conseil européen vient de désigner les titulaires des deux plus hauts postes créés par le Traité de Lisbonne : Herman Van Rompuy pour la Présidence du Conseil européen, et Catherine Ashton pour le poste de Haut représentant pour les affaires étrangères. Deux quasi inconnus.
Est-ce un mauvais signe ? Evidemment ceux qui croient en une Union européenne forte, jouant un rôle important sur la scène internationale, seront déçus. Déçus aussi par l'attitude des membres du Conseil décidés à choisir, à l'évidence, des personnalités qui, a priori, ne leur feront pas d'ombre.
Mais je veux imperturbablement faire preuve d'optimisme. Après tout, des inconnus, pas très charismatiques, peuvent donner d'heureuses surprises ...
La chute du Mur de Berlin
Catherine Lalumière et Mikhaïl Gorbatchev le 02/10/09 à Strasbourg - Photo Conseil de l'Europe - Sandro Weltin
Le 9 novembre 1989, j’étais à Oslo en visite officielle pour le Conseil de l’Europe. Avec ceux qui m’entouraient, nous avons appris la nouvelle du passage de milliers de berlinois de l’Est vers l’Ouest, sans mesurer immédiatement l’immense portée de l’événement, c’est-à-dire l’effondrement du communisme, des révolutions presque toutes sans violence dans les pays du Bloc de l’Est, l’éclatement de l’URSS…
Dans cette période historique qui bouleversa les équilibres du monde, des personnalités remarquables jouèrent un rôle magnifique, en Pologne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, dans les Etats baltes, en Bulgarie, en Roumanie…Partout.
Mais je garde une reconnaissance particulière à celui qui comprit l’impérieuse nécessité du changement et, malgré les pressions d’une partie de son entourage, sut éviter l’usage de la force et le bain de sang qui en aurait été la conséquence inéluctable : Mikhaïl Gorbatchev.
Je l’ai reçu à Strasbourg en juillet 1989. Il parlait déjà de « maison commune » et de partenariat entre l’Est et l’Ouest.
Je l’ai revu, ces jours derniers, toujours à Strasbourg, pour commémorer le vingtième anniversaire de la chute du Mur. A nouveau il s’est tourné vers l’avenir de l’Europe et de la Russie montrant, envers et contre tout, les raisons d’espérer.
Ouf !
A 67% les Irlandais viennent de voter "oui" au Traité de Lisbonne, débloquant ainsi un dossier qui empoisonnait l'atmosphère européenne. Espérons que l'obstacle tchèque ne résistera pas encore longtemps et que l'UE aura enfin, avant la fin de l'année, ce Traité tant attendu. C'est bien. Bien, pour les Institutions qui avaient besoin de réformes indispensables à leur fonctionnement. Bien, pour redonner un peu d'optimisme dans un climat par ailleurs très morose.
Mais ne nous y trompons pas. Les vraies raisons du pessimisme en Europe, les vrais griefs envers le système européen, demeurent. Et c'est à eux qu'il faudra s'attaquer en profondeur ... avec l'aide du Traité de Lisbonne.
Barroso : 382 voix pour, 219 contre, 117 abstentions
José Manuel Barroso est réélu Président de la Commission pour 5 ans. Ce n'est pas une surprise dès lors qu'il était présenté par tous les gouvernements de l'Union et que, au Parlement européen, la droite est majoritaire.
Ce n'est pas une surprise, mais pour beaucoup c'est une déception. En tout cas ce nouveau mandat ne soulève guère d'enthousiasme, même parmi ceux qui ont voté pour lui. Manque de courage et de volonté, manque de projet politique à la hauteur du difficile contexte actuel sont les reproches généralement formulés envers cet homme au demeurant très intelligent, habile et de surcroit parfaitement polyglotte.
C'est à lui de démontrer qu'il est encore capable d'un salutaire sursaut. L'Europe en a terriblement besoin.
Une bonne nouvelle : l'élection de Jerzy Buzek à la Présidence du Parlement européen
Les parlementaires nouvellement élus, viennent de porter à la la Présidence, pour la première fois, un citoyen polonais. C'est un bon signal qui montre que, malgré les difficultés, l'élargissement de l'UE entre dans les faits. Et ceci est d'autant plus remarquable que Jerzy Buzek est un modéré, un sage qui s'engage dans le combat politique sous la bannière de Solidarnosc.
Souhaitons que, aujourd'hui, il sache réconcilier les citoyens avec une Europe humaniste, moderne, solidaire et ouverte.
Pierre LELLOUCHE, nouveau Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes
La FFME apprend la désignation d'un nouveau Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, en la personne de M.Pierre LELLOUCHE, député de Paris, membre de la délégation pour l'UE de l'Assemblée Nationale.
M.LELLOUCHE est connu pour l'intérêt qu'il porte aux affaires internationales. Il fût notamment Président de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
La FFME souhaite entretenir les meilleures relations de travail avec le nouveau Ministre comme ce fût le cas avec ses prédécesseurs.
Nouvelle Présidente pour le réseau EUNET
Catherine GUY-QUINT, députée européenne de 1999 à 2009, a été élue présidente d’EUNET, (European Network for Education and Training), qui regroupe les Maisons de l’Europe de différents pays européens. Cette élection a eu lieu lors de l’Assemblée générale qui a réunie un grand nombre de ces Maisons le 21 Juin 2009 à Gimborn près de Cologne en Allemagne.
La nouvelle présidente a fixé quelques priorités pour son mandat, et en particulier celle de densifier le réseau des Maisons de l’Europe dans l’Union (aujourd’hui seulement 19 Etats membres ont créé de telles structures). En effet, plus que jamais, après les dernières élections il paraît important de développer sur l’ensemble du territoire européen de telles structures. Elles contribuent à une meilleure information et formation sur les questions européennes.
La France était représentée à cette AG par la Présidente de la Fédération Française des Maisons de l’Europe et par plusieurs Maisons de l’Europe (Beaumont, Douai, Grande-Thiérache, Laval, Nîmes, Rennes, Paris, Scy-Chazelle, Toulouse, Strasbourg, Yvelines).
Après les élections du 7 Juin
Comme prévu, il y a beaucoup de points noirs, mais quelques lueurs d’espoir :
Dans l’ensemble de l’Europe, un taux d’abstention record, surtout dans les milieux populaires: c’est inquiétant.
Dans plusieurs pays dont le Royaume-Uni, une montée des nationalismes aux antipodes de l’esprit européen : préoccupant.
En France, on échappe heureusement à ce mouvement nationaliste et on observe un phénomène encourageant : les campagnes qui ont eu de bons résultats sont celles où l’on a parlé de l’Europe, en mettant l’accent sur de grands projets (exemple : la protection de l’environnement).
Cela signifie que les électeurs, malgré leur dégoût ou leur colère, en fait, s’intéressent à l’Europe. Beaucoup la souhaitent différente. Beaucoup se plaignent d’être mal informés et peu écoutés. Mais cela ne signifie pas qu’ils soient définitivement indifférents.
Pour une Maison de l’Europe, ceci est une leçon et un encouragement à redoubler les efforts.
Aux urnes citoyens !
Le 7 juin, on vote… ou plutôt on devrait voter ; mais la campagne ne s’anime guère et on redoute une forte abstention.
Pourtant les enjeux sont incroyablement importants :
Importants, car la période est dure, incertaine. Elle nécessite des orientations politiques claires et fortes. L’élection des députés européens au suffrage universel peut donner ce souffle et cette direction.
Importants car c’est le moment de réorienter l’Union européenne si on est de ceux qui sont insatisfaits des idées politiques dominant ces dernières années, et qui veulent changer.
Importants car, dans toutes les régions, les électeurs vont avoir devant eux une offre politique très variée. Ils vont pouvoir choisir en toute liberté, y compris en tenant compte du vote « utile ».
Rappelons-nous aujourd’hui que le pire ennemi de l’Europe, c’est l’indifférence…
