Editos de Catherine Lalumière

2011-2012

Quelle tornade ! En cette fin d'année 2011 – début 2012, l’Europe connaît de multiples évènements et la plupart ne sont pas réjouissants.
La crise financière et économique se poursuit. Certes des mesures ont été prises, mais surtout dans le sens de la rigueur, fort peu en faveur de la croissance et de l’emploi.
Les opinions politiques oscillent entre le découragement et la révolte et l’on voit revenir des réactions nationalistes et populistes qui pourraient être très dangereuses, par exemple en Hongrie, mais aussi ailleurs.
Dans ce paysage passablement inquiétant, on ressent avec force le besoin de voir apparaître en Europe des responsables ayant des idées claires et une vision pour l’avenir. Une image s’impose, celle de Vaclav Havel dont le décès intervenu le 21 décembre dernier nous a laissés en deuil.
Oui, nous avons besoin de personnages d’une telle envergure. Il était européen jusqu’au plus profond de lui-même ; il avait compris, mieux que quiconque, ce que représentait le projet européen, et pourquoi son pays devait rejoindre les organisations européennes.
Nous avons besoin d’esprits libres comme le sien, de gens capables de bousculer le conservatisme politique, capables de voir au-delà de la pensée dominante qui sclérose tout. Nous avons besoin de vrais démocrates amoureux de la liberté.
En cette année 2012 où nous avons envie d’espérance «  Vaclav Havel ! reviens nous voir… de temps en temps… s’il te plaît… »

2011

  

Courage politique

Dans la tourmente actuelle, il est réconfortant d’entendre des voix fortes qui montrent le chemin.

C’est Helmut Schmidt, le Sage entre les Sages, qui admoneste ses compatriotes : « En tant que nation la plus peuplée de l’UE et Etat le plus fort du point de vue économique de la zone Euro, nous avons le devoir de rendre la solidarité dont nous avons été l’objet, en étant à notre tour solidaires avec nos voisins et nos partenaires » (discours prononcé le 10 novembre dernier à l’occasion de la remise d’un prix).

C’est Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances qui, dans un entretien publié dans Le Monde (13-14 novembre 2011), met tout son poids politique dans la balance : « Que l’Europe continue d’avancer. C’est notre grande mission. Car dans le monde globalisé du XXIème siècle, nous avons besoin d’une Europe forte, capable d’agir sur la scène mondiale ». Et il propose une révolution institutionnelle : l’élection au suffrage universel du Président de la Commission.

C’est Angela Merkel, quelques jours avant le Congrès de son parti, qui appelle à plus d’intégration et à des abandons de souveraineté nationale : « Parce que le monde change considérablement, nous devons être prêts à répondre aux défis. Cela signifiera davantage d’Europe, et non le contraire ».

Il n’y a pas que des allemands pour souhaiter plus d’Europe. Nombre de français et d’autres européens ont les mêmes convictions. Mais force est de constater que les grandes voix politiques en mesure de peser sur l’évolution des choses sont aujourd’hui du côté de Berlin. Arrogance de leur part ? Facile à dire, car il faut au contraire un grand sens des responsabilités pour s’engager si fortement en faveur d’une Europe plus unie et plus forte, au risque de heurter les réflexes populaires. Il faut une vision et… du courage. C’est valable dans tous les pays, y compris notre France.
 

1er Septembre 2011

On ne peut vraiment pas dire que les vacances 2011 aient été paisibles. De tous côtés, les crises ont rebondi : crise des dettes souveraines, les Etats n’arrivant pas à combler leurs déficits abyssaux ; crise des banques entraînées elles-mêmes par des créances pourries ; crise des économies léthargiques notamment en Europe ; crise de l’emploi et du pouvoir d’achat. Les Etats-Unis sont touchés ; l’Europe aussi.

Pour elle, reste malgré tout un espoir. Dans la tourmente, des voix de plus en plus nombreuses appellent à un renforcement des mécanismes communautaires. Ainsi, on avance dans la « gouvernance économique » ; le Président du Conseil européen accroît ses pouvoirs ; on s’engage vers un renforcement du Fonds de stabilité financière ; on parle de créer – enfin – des Eurobonds ; on rappelle que la solidarité est à la base de la construction européenne et non la stigmatisation des « mauvais élèves » etc…

Tout cela va très, trop lentement, mais… malgré tout… va dans le bon sens.

Contester : pourquoi ? jusqu'où ?

Nous ne sommes plus à Tunis il y a quelques mois, mais nous sommes aujourd’hui à Madrid où des hommes et des femmes, surtout des jeunes, manifestent leur colère. Entre les deux, il y a évidemment des différences, mais aussi des ressemblances.

Dans les deux cas, chômage, salaires trop faibles, bref difficultés économiques et sociales sont devenues insupportables. Mais dans les deux cas il y a aussi crise politique et morale. A Tunis, au Caire, dans d’autres pays arabes, la foule demande plus de liberté, de démocratie face à des régimes autoritaires devenus des prédateurs odieux. A Madrid, et plus ou moins dans toute l’Europe, la démocratie elle-même est en crise. Non seulement les mécanismes représentatifs se grippent, mais les valeurs, les repères de la société vacillent. Trop de dirigeants – pas tous heureusement - non seulement paraissent inefficaces pour résoudre les problèmes matériels, mais ils donnent l’image de gens dont l’action a perdu toute dimension éthique. Or la démocratie a besoin d’un contenu éthique pour ne pas dire moral.

La construction européenne est particulièrement concernée, elle qui s’est toujours voulue un modèle de démocratie et d’humanisme. Les citoyens européens sont-ils entrain de se réveiller…

L'UE acteur mondial ?

Il faudrait des pages pour analyser toutes les facettes du drame qui se joue entre les pays arabes en révolte et l’Union européenne, concernée mais hésitante et déchirée.

Peut-on laisser massacrer des populations civiles au prétexte que cela ne nous regarde pas ? Nos principes et nos engagements nous obligent à intervenir.

Mais comment éviter que le conflit ne dégénère et ne nous entraîne dans une lutte interminable comme en Irak ou en Afghanistan ?

Comment jouer les grands frères protecteurs sans que le spectre du colonialisme et de l’impérialisme ne nous colle à la peau ?

Comment l’Europe peut-elle exister en elle-même sans que les Etats membres ne viennent introduire leurs intérêts propres, leur orgueil, et leurs histoires respectives lourdes de sombres souvenirs ?

Est-ce que Lady Ashton est la personne capable d’incarner les valeurs de l’Europe, son idéal et le rôle de l’Europe dans le monde à venir ?

Que l’on se sent petit ! Et que le monde est grand !

Février 2011

La Méditerranée se rappelle à notre bon souvenir : la Tunisie, l’Egypte, peut-être d’autres encore…

A mes yeux, un constat domine tous les autres et m’impressionne comme ce fut le cas en 1989 lors de la chute du mur de Berlin : la force que porte en elle la soif de liberté et de justice. Pendant des années, des peuples paraissent tout accepter ; ils semblent dociles et obéissants. Mais voilà qu’un jour, ces mêmes peuples s’indignent, et soulèvent avec leur indignation une révolte d’une incroyable puissance.

Le succès n’est pas garanti ; d’autres difficultés commencent.

Mais cela fait du bien de voir des jeunes et des moins jeunes unir leurs forces pour prendre leur destin en main.
Et pour les européens que nous sommes, qui ont un peu la nostalgie des années où le souffle européen, l’idéal européen soulevait des montagnes, l’exemple que nous donne cette jeunesse du sud méditerranéen est rafraîchissant. Il nous rappelle que peu de choses résistent au désir de liberté d’un peuple résolu à l’obtenir.

Souhaitons leur tout le bonheur possible – ils le méritent.

A propos de l’Agenda 2011 distribué par l’Union européenne

Récemment, de nombreuses personnes ont été surprises et choquées par le contenu d’un agenda distribué par les services de la Commission, notamment dans les écoles. Cet agenda mentionne des fêtes de diverses religions … sauf la religion chrétienne.
Evidemment cette omission pouvait surprendre. Certains y ont même vu l’intention de minimiser les racines chrétiennes de la culture européenne et de diminuer l’importance des valeurs humanistes qui en sont issues.
Renseignements pris auprès de la Commission, l’intention malveillante semble absolument exclue, en tout cas de la part des instances européennes officielles. Nul ne peut les soupçonner de sous-estimer les racines chrétiennes de l’Europe.
Mais le mécanisme qui a abouti à ce pitoyable résultat est critiquable. En effet, les services de la Commission ont pris l’habitude de sous-traiter à des entreprises de la « Com » la confection de documents tels que cet agenda. Et les contrôles exercés par la Commission ne sont pas toujours rigoureux. Cette méthode de travail conduit à mettre en circulation des documents souvent coûteux, parfois mal faits et inadaptés à l’action pédagogique dont on a besoin pour faire comprendre l’Europe aux citoyens.
L’histoire de cet agenda illustre bien ce problème.
La FFME ne manquera pas de renouveler ses remarques et ses demandes auprès de la Commission, du Parlement et du Conseil afin que de telles erreurs ne se renouvellent pas.

Indignons-nous !

Ces jours, dans un petit opuscule qui se vend par milliers dans les librairies, Stéphane Hessel nous adresse cette admonestation. Comme il a raison ! S’agissant de l’Europe, en effet, nous devons résister à la tentation de l’indifférence et du laisser-faire. Nous devons rappeler que la violence, la xénophobie, la recherche de boucs-émissaires ne sont jamais des solutions durables.
Et nous avons besoin qu’un vieux monsieur, âgé de 93 ans, nous interpelle et nous secoue, lui qui a connu les pires heures du XX° siècle et qui, envers et contre tout, croit au pouvoir de la volonté et à la force de l’espérance.

Bonne année à tous.

Catherine Lalumière

2010

 

Editorial

Décembre est froid. Il neige. Les nouvelles de l’Europe nous parviennent sous la forme de glaçons qui ont du mal à fondre et à redevenir une belle eau claire.
L’Irlande, après la Grèce, est dans le noir, et ne doit son salut qu’à la solidarité des autres.
Le Portugal, l’Espagne, l’Italie … la France font leurs comptes et s’inquiètent. L’Allemagne commence à en « avoir assez » de donner le bon exemple et d’être vertueuse pour tout le monde.
Mais, finalement, l’UE résiste. Elle a commencé à prendre des décisions et de bonnes décisions. La Banque Centrale européenne tient le choc.
Si la volonté politique existe, si les bonnes résolutions se transforment en des politiques cohérentes, rigoureuses, et imaginatives, on verra le bout du tunnel. Si … Si … Si …
Souhaitons-nous mutuellement un joyeux Noël, en attendant de pouvoir se dire de toutes nos forces : bonne et heureuse année !

C'est parti... Le Conseil européen vient de désigner les titulaires des deux plus hauts postes créés par le Traité de Lisbonne : Herman Van Rompuy pour la Présidence du Conseil européen, et Catherine Ashton pour le poste de Haut représentant pour les affaires étrangères. Deux quasi inconnus.

Est-ce un mauvais signe ? Evidemment ceux qui croient en une Union européenne forte, jouant un rôle important sur la scène internationale, seront déçus. Déçus aussi par l'attitude des membres du Conseil décidés à choisir, à l'évidence, des personnalités qui, a priori, ne leur feront pas d'ombre.

Mais je veux imperturbablement faire preuve d'optimisme. Après tout, des inconnus, pas très charismatiques, peuvent donner d'heureuses surprises ...

Les européens et la Chine

Hu Jintao, le Président chinois, est en France pendant trois jours.
Depuis l’origine de la construction européenne, jamais nous n’avons été devant un tel changement : l’émergence d’une nouvelle très grande puissance qui désormais refuse de rester isolée et est bien décidée à tenir toute sa place – et quelle place – dans les relations internationales à l’échelle mondiales.
C’est un renversement des perspectives dont les européens commencent tout juste à prendre conscience. Non seulement à court terme pour définir les mesures à prendre pour sortir de la crise économique et financière, mais aussi à long terme pour réajuster – ce qui n’exclut pas de réaffirmer – les phases politiques et culturelles, les valeurs sur lesquelles est construit notre modèle européen de société. Plutôt que d’avoir peur, c’est le moment de réfléchir et de « foncer ».

Barroso : 382 voix pour, 219 contre, 117 abstentions

José Manuel Barroso est réélu Président de la Commission pour 5 ans. Ce n'est pas une surprise dès lors qu'il était présenté par tous les gouvernements de l'Union et que, au Parlement européen, la droite est majoritaire.

Ce n'est pas une surprise, mais pour beaucoup c'est une déception. En tout cas ce nouveau mandat ne soulève guère d'enthousiasme, même parmi ceux qui ont voté pour lui. Manque de courage et de volonté, manque de projet politique à la hauteur du difficile contexte actuel sont les reproches généralement formulés envers cet homme au demeurant très intelligent, habile et de surcroit parfaitement polyglotte.

C'est à lui de démontrer qu'il est encore capable d'un salutaire sursaut. L'Europe en a terriblement besoin.

Les Roms

Migration des Roms

L’Europe est depuis longtemps confrontée au « problème des Roms », tziganes, gitans, manouches… Notre amour des autres a visiblement des limites : tous ces « gens du voyage » sont trop différents de nous. Ils deviennent insupportables !

Alors certains des nôtres se permettent tout et n’importe quoi. Certes, l’Europe - tous pays confondus - a besoin de règles pour organiser le Vivre ensemble. La criminalité et la délinquance doivent être sanctionnées. Mais, de là à jeter aux orties les grandes valeurs humanistes qui sont notre fierté, il y a un pas. Non, nous ne pouvons pas jeter l’anathème sur un groupe entier sans distinguer au sein de ce groupe les délinquants de ceux qui n’ont rien fait de mal. Non, au risque de fouler aux pieds le principe d’égalité, nous ne pouvons pas distinguer entre les citoyens selon les modes et le moment de leur naturalisation. Non, nous ne pouvons pas utiliser des procédures qui infligent des traitements inhumains ou dégradants à des familles entières, notamment les enfants.

L’Europe a mis des siècles à forger les principes que l’on expose fièrement dans la Convention européenne des Droits de l’homme et dans la Charte des droits fondamentaux. A toute allure ce socle de valeurs peut s’effondrer… Attention !

L’Europe a fêté le 25e anniversaire de la signature des Accords de Schengen

© 2010 SIP / Nicolas Bouvy, tous droits réservés **

Le 13 juin 2010 a eu lieu la grande journée des festivités officielles au Luxembourg dans le cadre du 25e anniversaire de la signature des Accords de Schengen, village luxembourgeois, limitrophe de l'Allemagne etde la France. Une séance académique, suivie de l'inauguration du Musée européen à Schengen, a eu lieu en présence de nombreuses personnalités de l'Union européenne et de la Grande Région.
Ainsi ont participé aux festivités le Grand-Duc Henri et la Grande-Duchesse Maria Teresa, les représentants des États membres de l'Union européenne, Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, José Manuel Barroso, le président la Commission européenne, et Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. Les signataires de l’Accord, Robert Goebbels, ancien secrétaire d'État pour le Luxembourg, et Catherine Lalumière, ancienne secrétaire d'État pour la France, y ont également assisté.

 ** photo prise le 13/06/2010, à Schengen à l'occasion de la célébration du 25ème anniversaire de l'Accord de Schengen, Catherine Lalumière pour la France et Robert Goebbels pour le Luxembourg, deux des "signataires historiques" de l'accord s'entretiennent avec José Manuel Barroso et Viviane Reding, Président et vice-Présidente de la Commission européenne

Enfin !

Le 10 mai, au lendemain de la Journée de l’Europe, on apprenait une grande nouvelle : l’Union européenne adoptait un plan d’urgence de grande ampleur pour aider la Grèce et sauver l’euro. On aurait dû le faire plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais. La solidarité l’a emporté sur le repli sur soi. Bravo !
Pour autant ce n’est qu’un début. Nous savons bien qu’il faut aller plus loin :
-    Coordonner davantage les politiques économiques et aller vers une politique économique commune. Même mouvement dans le domaine fiscal et le domaine social. La zone euro a besoin de plus de cohérence et de cohésion.
-    Relancer la croissance. Celle de l’Europe est molle, très molle.
-    Donner des outils plus efficaces à la BCE pour qu’elle puisse intervenir, y compris pour aider les Etats membres en difficulté…

Tout cela nécessite de la volonté, une vision politique et, comme le disait Jean Monnet, de la DETERMINATION.   

9 Mai 2010

Cette année nous allons fêter le 60e anniversaire de la déclaration de Robert Schuman. Dans toute l'Europe, c'est l'occasion de faire un bilan.

Robert Schuman serait sans doute heureux de voir le chemin parcouru. D'abord l'unification du continent ; la terrible coupure Est-Ouest est terminée ; l'Union européenne rassemble 27 pays ; le Conseil de l'Europe en regroupe 47. Ensuite, l'accroissement des compétences et des pouvoirs délégués par les Etats à l'Union européenne qui est entrain de devenir une entité juridique et politique à part entière sur la scène internationale.

Certes les avancées sont cahotiques. On s'impatiente devant les lenteurs, les hésitations des instances dirigeantes. On est contre certaines décisions et orientations politiques. On s'interroge sur la capacité de l'Europe à faire vivre son modèle de société, ses valeurs, sa culture voire sa civilisation dans les crises et boulversements du Monde.

Mais le 9 Mai, tout de même, c'est une fête, un bonheur, un espoir qu'il faut savoir savourer et fabriquer. "Faîtes l'Europe" vous aussi !

EU 2020

Récemment se sont réunis à Bruxelles 9 think tanks pour discuter de l’Union et de la stratégie EU 2020.
Dans un futur proche, le groupe des Sages présidé par l’ancien Président du gouvernement espagnol, Felipe Gonzalez, doit remettre ses conclusions sur l’avenir de l’Europe.De nombreux ouvrages et articles sont rédigés sur ce thème : Où va l’Union européenne ?

Ce grand nombre d’études et de propositions est de bon augure. Mais, de grâce, de nous contentons pas d’analyser et de proposer. L’Europe a besoin de responsables politiques qui assument leurs responsabilités, qui décident, qui prennent des risques notamment celui de déplaire à court terme, bref qui aient de l’ambition politique.

Dans cette conjoncture, souhaitons que se concrétise l’idée lancée récemment par le nouveau Président du Conseil européen, M. Van Rompuy, de réunir tous les mois les chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil européen pour qu’ils assument en commun la responsabilité de tracer les orientations essentielles et prennent les décisions qui y sont liées.

Et souhaitons aussi que le Président de la Commission, José Manuel Barroso, manifeste la même détermination…

Janvier s'achève ...

L'UE est toujours en période de transition. Les nouvelles autorités ne prendront véritablement leurs fonctions qu'à la mi-février. Mais, tout de même on s'impatiente. Un exemple : Haïti. On sait que l'Union participera fortement à la reconstruction. C'est toujours ainsi que les choses se passent : l'UE est le plus grand bailleur de fonds pour l'aide aux pays en voie de développement.

Mais on aimerait que cela se voit un peu plus, que les représentants de l'Union soit un peu plus visibles. Il paraît que Catherine Ashton, la nouvelle haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères a pris quelques vacances. C'est son droit ... mais un minimum de sollicitude et de propositions concrètes exprimé sur les ondes envers le peuple haïtien aurait été bienvenu. La discrétion n'a pas que des avantages ...

Bonne année à tous !

Bonne année bien sûr ! Mais en ce qui concerne l'Europe on ne peut s'empêcher d'être perplexe. Certes la mécanique fonctionne : mise en oeuvre du traité de Lisbonne ; mise en place de la nouvelle Commission ; premiers pas du nouveau Parlement, etc ...

Mais on voit bien que, sur le fond des choses, l'Europe est sur la crête et risque de tomber sur la mauvaise pente ... ou sur la bonne.

Comment retrouver la croissance économique, mais une croissance non agressive qui ne détruise pas l'environnement, qui ne néglige pas la justice sociale, qui ne viole pas les libertés ? Comment développer une économie ouverte, sans retomber dans les excès d'un capitalisme financier devenu fou ? Comment assurer la sécurité des européens dans un monde qui reste lourd de conflits et de violences ?

Comment, comment ... ? Une année se termine, une autre commence qui aurait bien besoin de vision, d'imagination et de souffle ...

2009

  

Ouf !

A 67% les Irlandais viennent de voter "oui" au Traité de Lisbonne, débloquant ainsi un dossier qui empoisonnait l'atmosphère européenne. Espérons que l'obstacle tchèque ne résistera pas encore longtemps et que l'UE aura enfin, avant la fin de l'année, ce Traité tant attendu. C'est bien. Bien, pour les Institutions qui avaient besoin de réformes indispensables à leur fonctionnement. Bien, pour redonner un peu d'optimisme dans un climat par ailleurs très morose.

Mais ne nous y trompons pas. Les vraies raisons du pessimisme en Europe, les vrais griefs envers le système européen, demeurent. Et c'est à eux qu'il faudra s'attaquer en profondeur ... avec l'aide du Traité de Lisbonne.

La chute du Mur de Berlin

Catherine Lalumière et Mikhaïl Gorbatchev le 02/10/09 à Strasbourg - Photo Conseil de l'Europe - Sandro Weltin

Le 9 novembre 1989, j’étais à Oslo en visite officielle pour le Conseil de l’Europe. Avec ceux qui m’entouraient, nous avons appris la nouvelle du passage de milliers de berlinois de l’Est vers l’Ouest, sans mesurer immédiatement l’immense portée de l’événement, c’est-à-dire l’effondrement du communisme, des révolutions presque toutes sans violence dans les pays du Bloc de l’Est, l’éclatement de l’URSS…
Dans cette période historique qui bouleversa les équilibres du monde, des personnalités remarquables jouèrent un rôle magnifique, en Pologne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, dans les Etats baltes, en Bulgarie, en Roumanie…Partout.
Mais je garde une reconnaissance particulière à celui qui comprit l’impérieuse nécessité du changement et, malgré les pressions d’une partie de son entourage, sut éviter l’usage de la force et le bain de sang qui en aurait été la conséquence inéluctable : Mikhaïl Gorbatchev.
Je l’ai reçu à Strasbourg en juillet 1989. Il parlait déjà de « maison commune » et de partenariat entre l’Est et l’Ouest.
Je l’ai revu, ces jours derniers, toujours à Strasbourg, pour commémorer le vingtième anniversaire de la chute du Mur. A nouveau il s’est tourné vers l’avenir de l’Europe et de la Russie montrant, envers et contre tout, les raisons d’espérer.

Une bonne nouvelle : l'élection de Jerzy Buzek à la Présidence du Parlement européen

Les parlementaires nouvellement élus, viennent de porter à la la Présidence, pour la première fois, un citoyen polonais. C'est un bon signal qui montre que, malgré les difficultés, l'élargissement de l'UE entre dans les faits. Et ceci est d'autant plus remarquable que Jerzy Buzek est un modéré, un sage qui s'engage dans le combat politique sous la bannière de Solidarnosc.

Souhaitons que, aujourd'hui, il sache réconcilier les citoyens avec une Europe humaniste, moderne, solidaire et ouverte.

 

Pierre LELLOUCHE, nouveau Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes

La FFME apprend la désignation d'un nouveau Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes,  en la personne de M.Pierre LELLOUCHE, député de Paris, membre de la délégation pour l'UE de l'Assemblée Nationale.

M.LELLOUCHE est connu pour l'intérêt qu'il porte aux affaires internationales. Il fût notamment Président de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

La FFME souhaite entretenir les meilleures relations de travail avec le nouveau Ministre comme ce fût le cas avec ses prédécesseurs.

Nouvelle Présidente pour le réseau EUNET

Catherine GUY-QUINT, députée européenne de 1999 à 2009, a été élue présidente d’EUNET, (European Network for Education and Training), qui regroupe les Maisons de l’Europe de différents pays européens. Cette élection a eu lieu lors de l’Assemblée générale qui a réunie un grand nombre de ces Maisons le 21 Juin 2009 à Gimborn près de Cologne en Allemagne.

La nouvelle présidente a fixé quelques priorités pour son mandat, et en particulier celle de densifier le réseau des Maisons de l’Europe dans l’Union (aujourd’hui seulement 19 Etats membres ont créé de telles structures). En effet, plus que jamais, après les dernières élections il paraît important de développer sur l’ensemble du territoire européen de telles structures. Elles contribuent à une meilleure information et formation sur les questions européennes.

La France était représentée à cette AG par la Présidente de la Fédération Française des Maisons de l’Europe et par plusieurs Maisons de l’Europe (Beaumont, Douai, Grande-Thiérache, Laval, Nîmes, Rennes, Paris, Scy-Chazelle, Toulouse, Strasbourg, Yvelines).

Après les élections du 7 Juin

Comme prévu, il y a beaucoup de points noirs, mais quelques lueurs d’espoir :
Dans l’ensemble de l’Europe, un taux d’abstention record, surtout dans les milieux populaires: c’est inquiétant.
Dans plusieurs pays dont le Royaume-Uni, une montée des nationalismes aux antipodes de l’esprit européen : préoccupant.
En France, on échappe heureusement à ce mouvement nationaliste et on observe un phénomène encourageant : les campagnes qui ont eu de bons résultats sont celles où l’on a parlé de l’Europe, en mettant l’accent sur de grands projets (exemple : la protection de l’environnement).
Cela signifie que les électeurs, malgré leur dégoût ou leur colère, en fait, s’intéressent à l’Europe. Beaucoup la souhaitent différente. Beaucoup se plaignent d’être mal informés et peu écoutés. Mais cela ne signifie pas qu’ils soient définitivement indifférents.
Pour une Maison de l’Europe, ceci est une leçon et un encouragement à redoubler les efforts.

Aux urnes citoyens !

Le 7 juin, on vote… ou plutôt on devrait voter ; mais la campagne ne s’anime guère et on redoute une forte abstention.

Pourtant les enjeux sont incroyablement importants :

Importants, car la période est dure, incertaine. Elle nécessite des orientations politiques claires et fortes. L’élection des députés européens au suffrage universel peut donner ce souffle et cette direction.

Importants car c’est le moment de réorienter l’Union européenne si on est de ceux qui sont insatisfaits des idées politiques dominant ces dernières années, et qui veulent changer.

Importants car, dans toutes les régions, les électeurs vont avoir devant eux une offre politique très variée. Ils vont pouvoir choisir en toute liberté, y compris en tenant compte du vote « utile ».

Rappelons-nous aujourd’hui que le pire ennemi de l’Europe, c’est l’indifférence…