Editos de Catherine Lalumière

2016

2015 est morte, vive 2016 !

Rarement, on a autant souhaité tourner la page.

2015 aura été jalonnée d’évènements horribles dont on gardera un triste souvenir. Aujourd’hui, avec force, nous nous souhaitons bonne année pour notre vie personnelle et familiale, pour notre pays, et pour cette Europe tiraillée plus que jamais entre des forces centrifuges qui cherchent à déstabiliser l’ensemble et à nous affaiblir, et des forces centripètes qui s’efforcent envers et contre tout de renforcer notre unité. 

L’unité, la cohérence, la cohésion, le vivre ensemble, le tout solidement ancré, dans un contexte de paix, sur un socle de valeurs solides et une prospérité équitablement répartie, voilà ce que nous souhaitons pour cette Europe de 2016.

Agissons avec énergie pour que les Européens et notamment les jeunes évitent le repli sur eux-mêmes, le rejet de l’autre et la peur, et espérons que l’Europe saura s’adapter au monde nouveau en gardant, en améliorant et en faisant vivre ses valeurs fondamentales : c'est le challenge de 2016 et des années futures…

 
Catherine LALUMIERE

2015

Edito - décembre 2015

 2015 s’achève…

Une année de deuils, de violences, d’intolérance. Notre Europe de Paix offre une image brouillée. Qui va l’emporter ?

D’un côté on voit monter à nouveau (cela ramène aux années trente) les nationalismes étriqués, ou les intégrismes religieux, fanatiques et mortifères.

De l’autre, on observe les héritiers des Pères fondateurs de l’Europe qui ont la nostalgie du beau rêve européen fait de valeurs humanistes et de volonté de vivre ensemble.

Et, au milieu, on regarde toujours notre jeunesse qui se cherche, qui cherche des repères et un sens à sa vie. Vers qui va-t-elle aller ? Vers quoi va-t-elle se diriger ?

130 jeunes hommes et femmes sont morts le 13 novembre 2015 par la main d’autres jeunes devenus des monstres assassins. Quelle folie !

En cette fin d’année souhaitons-nous les uns aux autres d’avoir la lucidité et le courage de poursuivre notre route en cultivant les choses de l’esprit, de l’intelligence et de la raison, au delà des modes et des fausses innovations, en n’ayant pas honte de proférer ces maximes européennes : aimez-vous les uns les autres … Soyons unis dans toute notre diversité.


Catherine LALUMIERE

 
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Texte de la Présidente Catherine Lalumière, à visée pédagogique de la Présidente de la Fédération Française des Maisons de l'Europe suite aux attentats du 13 Novembre 2015.

 

Editorial - septembre 2015, Bravo Madame Merkel !

Cet été 2015 a été lourd d’orages en Europe, dominé par la question des migrants. Au fil des semaines, on a vu les Européens et leurs dirigeants s’affoler devant l’ampleur du phénomène et fermer leurs portes et leurs fenêtres pour « se protéger », ou tenter de se protéger, car ce ne sont pas les murs qui empêchent des gens désespérés de franchir les frontières.

Les prises de position très fermes d’Angela Merkel rappelant les valeurs humanistes de l’Europe ont fait du bien. Enfin, l’un des principaux dirigeants d’un pays européen emboîtait le pas au président de la Commission Jean-Claude Juncker et plaçait le problème des réfugiés au niveau qui est le sien : celui des droits de l’homme, celui de la morale, celui du socle philosophique sur lequel l’Europe s’est construite.

Le Président Hollande s’est lui-même associé à cette salutaire attitude.

Mais le climat reste lourd, très lourd. L’Union européenne n’est pas peu près sortie de la crise économique et financière qu’elle retombe dans une autre crise peut-être encore plus dangereuse et délétère : celle de sa culture et de sa civilisation.

Ce n’est pas en se fermant et en se repliant égoïstement sur elle-même que l’Europe survivra et rayonnera.

La force du projet européen après la Seconde Guerre Mondiale, puis après la chute du Mur de Berlin en 1989, est venue des valeurs humanistes sur lesquelles il reposait. Certes, la force de l’Europe repose aussi sur une économie prospère ; mais le socle et le ciment qui solidifient l’ensemble sont constitués de valeurs spirituelles parmi lesquelles le respect de la dignité humaine tient la première place. Si l’Europe perd son âme, elle se suicide et disparaîtra.

Catherine LALUMIERE

 

Editorial - 17 Juillet 2015

Dans la douleur, le dossier grec sort de la paralysie totale. Mais l’Union européenne est loin d’avoir réglé tous les problèmes qui se posent à elle.


 

On est soulagé de constater l’existence d’un accord, progressivement ratifié par tous les pays, leurs gouvernements ou leurs Parlements. Cet accord permet d’éviter le pire, à savoir la ruine totale des citoyens grecs les plus modestes, incapables de vivre dans un pays sans banques, sans activités commerciales ou industrielles. A court terme, l’accord évite la thrombose.

 

 

Mais, à plus long terme, restent d’énormes chantiers à prendre en main : celui de la cohérence des politiques économiques et de la gouvernance économique, celui de l’équilibre entre croissance et orthodoxie budgétaire, celui de la compatibilité entre protection sociale et prise de risque, etc.


La crise grecque a montré à quel point la Grèce avait besoin de réformes qui auraient dû intervenir depuis longtemps. Mais elle a aussi donné l’occasion de voir clairement les insuffisances et les inadaptations des institutions et des politiques européennes.


 

D’une certaine manière, la crise a, en partie, déblayé le terrain.

 

Un souhait très fort : que les autorités responsables sachent profiter de l’occasion qui leur est offerte pour faire avancer l’intégration européenne, pour renforcer la cohésion entre les pays européens, et pour mobiliser les énergies vers un projet commun.

 


Catherine LALUMIERE


Edito de Juillet 2015

Le mois de juillet commence sans que la tourmente grecque ait trouvé une solution. Référendum ? Pas de referendum ? Oui ? Non ? Le gouvernement Tsipras hésite, depuis des semaines, sur la voie à suivre. Les grecs sont certainement à plaindre, mais ils demandent aux autres européens une infinie patience.

Au milieu de ces tergiversations déroutantes, le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, semble bien tenir la barre. Il y a longtemps que l’on n’avait pas vu le Président de la Commission (à l’époque de José Manuel Barroso) revendiquer un rôle politique. Jean-Claude Juncker le fait, jouant les intermédiaires actifs entre les protagonistes de ce jeu inquiétant.

 

Souhaitons qu’il ait la force de continuer et qu’il puisse ainsi sortir l’Union européenne de ce marasme dans lequel elle s’enlise.

 

Evidemment on est aussi tenté de souhaiter beaucoup d’autres choses pour « réorienter » les politiques de l’Union européenne. Mais le préalable à ces différentes « réorientations » est la réaffirmation d’une autorité contrôlée et ferme. Bon vent au Président de la Commission pour qu’il retrouve la période des années 90, celles où un certain Jacques Delors tenait le gouvernail. Le Conseil européen et le Conseil des ministres ont évidemment des responsabilités essentielles à assurer. Mais le rôle de la Commission est irremplaçable pour dépasser les points de vue des 28 Etats membres et forger une cohésion et cohérence. Un orchestre a besoin d’un chef d’orchestre… surtout dans les périodes chaotiques…

 

Catherine LALUMIERE

La Grèce et l’Europe

La Grèce est-elle un malade, un boulet que l’Union européenne doit continuer à traîner avec résignation, ou est-elle un pionnier osant défier le système et en train d’ouvrir un chemin nouveau ?

La question se pose avec plus d’acuité que jamais après les élections du 25 janvier.

Le succès électoral, net et clair, de Syriza et de son jeune leader Alexis Tsipras, laisse ouvertes les deux branches de l’alternative. D’un côté, certaines premières décisions inquiètent : ainsi choisir comme allié le parti nationaliste des Grecs indépendants ne semble pas de très bon augure.  D’un autre côté, la volonté de rester dans l’Union européenne, même dans la zone euro, est encourageante.

De même qu’est un encouragement l’abandon d’exigences maximalistes. Ceci implique la recherche d’un compromis entre l’austérité, insupportable, et le laisser-aller dont les élites grecques ont abusé dans le passé.

La nouvelle équipe grecque est loin d’être assurée du succès ; mais, si elle réussit, elle aura ouvert un chemin nouveau bénéfique aux Grecs, et bien au-delà de la Grèce.

 

 
Catherine LALUMIERE, le 5 Février 2015

Avant et après Charlie ?

Ces interrogations résument les semaines que vient de traverser la France depuis le 7 janvier, avec ses répercussions sur l’Europe et, en définitive, sur le monde entier.

Il faudra beaucoup de temps et d’efforts pour comprendre en profondeur toutes les causes de ce drame et pour élaborer des solutions d’avenir. 

Pour l’heure, je me bornerai à quelques observations qui ne sont absolument pas exhaustives, mais sont destinées à aider les Maisons de l’Europe dans leur action. 

Lire la suite du texte 

Coup de tonnerre : l’attentat contre Charlie Hebdo !

L’Europe est en deuil, non seulement parce que des hommes et des femmes ont été massacrés, mais parce que les libertés, liberté de la presse, liberté de pensée, sont visées. 

Nos valeurs fondamentales sont en cause. Comme elles le sont dans notre Europe en crise depuis plusieurs années, parfois de manière violente, souvent de manière insidieuse. Plus que jamais la passivité serait un crime.

Plus que jamais les Européens, et en particulier les Français en raison de leur propre histoire, ont une énorme responsabilité : se mobiliser pour défendre des principes, combattre pour des idées.

Catherine Lalumière, le 7 janvier 2015

Bonne année à tous !

Bonne année à l’Europe qui continue de naviguer dans un monde difficile et mouvementé.
Bonne année aux nouveaux dirigeants de l’Union qui commencent à prendre leurs marques et à tracer les lignes de leur action future.
 
C’est la période des vœux, mais en formulant tous ces vœux, on éprouve une sorte de vertige. L’Union européenne va-t-elle trouver un juste équilibre entre l’indispensable croissance et la nécessaire « rigueur » ? Va-t-elle savoir jouer son rôle sur la scène internationale, ce qui supposerait qu’elle arrive d’abord à parler d’une seule voix ? Saura-t-elle maîtriser les pulsions internes qui la traversent : pulsions nationalistes, populistes, xénophobes, et j’en passe…
 
Bref, l’Europe, ses dirigeants et les citoyens européens eux-mêmes seront-ils à la hauteur des responsabilités qui pèsent sur leurs épaules ? On voudrait répondre « Oui », mille fois Oui. Vive 2015 !  
 
Catherine Lalumière, 1er janvier 2015
 

2014

Décès de Jacques Barrot

Nous apprenons avec tristesse la disparition brutale de Jacques Barrot, ancien ministre, ancien Commissaire européen et membre du Conseil constitutionnel.

Personnellement, j’ai toujours eu avec lui les meilleures relations. C’était un homme de conviction, respectueux des autres. Jacques Barrot était un européen convaincu, profondément attaché aux valeurs humanistes.

Il nous laisse un souvenir fort et un exemple à suivre.

 
Catherine LALUMIERE, 3 Décembre 2014

Vingt-cinq ans déjà !

La chute du Mur de Berlin a vingt-cinq ans. Ce jour-là – je devrais dire cette nuit-là – j’étais à Oslo. La nouvelle apprise le matin du 10 novembre causa un choc, mais ce n’était pas tout à fait une surprise.

Le Conseil de l’Europe dont j’étais alors la Secrétaire générale, entretenait déjà des relations avec l’Est. En juillet 89 Mikhaël Gorbatchev était venu à Strasbourg parler de Perestroïka, de Glasnost et même de Maison commune européenne. La Hongrie adoptait des réformes économiques presque libérales. Les Pays Baltes réclamaient leur liberté… Mais, on était loin de prévoir la vitesse du basculement et l’ampleur des conséquences.

Aujourd’hui où les souvenirs se bousculent dans ma tête, c’est à Willy Brandt que je pense particulièrement. Je l’ai rencontré quelques semaines après la chute du Mur. Lui – pratiquement seul parmi les dirigeants de l’Europe d’alors – était serein et heureux. Il avait pensé, voulu, réalisé l’Ostpolitik. La Chute du Mur et ses conséquences ne le prenaient pas au dépourvu. C’était un véritable leader politique. Il avait eu un objectif, une vision. Il fut compris et suivi par d’autres comme Helmut Kohl.

L’Europe pour se construire a besoin de leaders comme ceux que je viens de citer et qui voient loin… Cela aussi relève de la vraie real politik.

Catherine Lalumière, novembre 2014

L'Union européenne et ses nouveaux dirigeants

Pas facile de prévoir de quoi seront capables les nouveaux dirigeants de l’UE, qui sont en cours de désignation en cette rentrée 2014.

Peu de citoyens connaissent le nouveau Président du Conseil européen : Donald Tusk, Premier ministre de Pologne. Il a fait l’unanimité lors de la dernière réunion du Conseil européen. Il a bien réussi comme Premier Ministre dans son pays. Mais saura-t-il donner à cette fonction de n°1 à la tête du Conseil européen, l’éclat et le rayonnement dont l’Union européenne aurait besoin ?

Même interrogation en ce qui concerne Federica Mogherini, la nouvelle Haute Représentante pour les Affaires étrangères. L’Union européenne aurait besoin d’une Haute Représentante bien différente de ce que fut Lady Ashton. Pour l’instant on espère, on ne sait pas…

Quant au Président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lui est bien connu, mais la question est de savoir s’il aura une volonté suffisante pour imposer une ligne de conduite, sa ligne de conduite face aux 28 chefs d’Etat et de gouvernement toujours tentés par le chacun pour soi.

En bref, il est trop tôt pour porter des jugements péremptoires. On peut simplement insister, avec toute la force possible, sur l’énorme responsabilité qui pèse aujourd’hui sur les épaules des dirigeants de l’Europe dans un contexte international extrêmement difficile : Que faire vis-à-vis de la Russie ? Que faire dans le Sud et à l’Est de la Méditerranée ? Que faire face au terrorisme qui se développe partout dans le monde ? Que doit faire l’Europe ? Que peut faire l’Europe ?

On dit souvent que les citoyens sont découragés et attendent peu de l’Europe. En fait, ils attendent beaucoup de l’Europe mais pour cela il faut des dirigeants… à la hauteur…

Catherine Lalumière

Pause estivale ?

Août approche et ce sont les vacances. Fort bien ! Mais pour qui et pour quoi ? 

Cette période qui devrait être sereine et calme suscite aussi de réelles inquiétudes, et des inquiétudes qui ne sont pas seulement à l’intérieur de nos frontières (croissance économique trop faible, chômage trop fort…), mais aussi à l’extérieur. 

Pensons à l’Ukraine et au drame épouvantable qu’est l’explosion de cet avion avec ses 300 passagers tous tués. A ce jour, on a l’impression qu’il s’agit des conséquences d’une manœuvre militaire mal maîtrisée par des soldats mal formés, mal encadrés, mal contrôlés, emportés par leur volonté de tuer leur ennemi et confondant un avion civil avec un avion militaire. Si cette hypothèse se vérifie, quelle absurdité ! 

La guerre de 14-18 a commencé à Sarajevo avec un geste infiniment moins grave. Et on a vu ce que cela a entraîné…

Aujourd’hui, où va-t-on ? 

Plus que jamais nous avons besoin de paix. Plus que jamais nous avons besoin d’une forte volonté politique de préserver la paix. 

Plus que jamais nous avons besoin d’une Europe unie et forte qui garantisse cette paix… toujours menacée. 

Au lendemain de l’élection des députés européens on ne peut qu’espérer un sursaut de nos responsables politiques : que chacun, au Parlement, à la Commission, au Conseil européen, au Conseil, à la BCE, bref à tous les niveaux soit conscient de la gravité de la situation et choisisse les meilleures personnes pour exercer les plus hautes fonctions, et ceci dans l’intérêt général de l’Europe et des européens quels que soient par ailleurs leurs pays respectifs. L’heure des petites manœuvres et des petites mesquineries devrait être largement dépassée…On en reparlera plus tard, à partir de septembre, lorsque se mettront en place les différents rouages de l’Union. 

 

Catherine LALUMIERE

 

La « gueule de bois »…

Score des partis d'extrême-droite et des partis europhobes (infographie "Le Monde")

Août approche et ce sont les vacances. Fort bien ! Mais pour qui et pour quoi ? 

Cette période qui devrait être sereine et calme suscite aussi de réelles inquiétudes, et des inquiétudes qui ne sont pas seulement à l’intérieur de nos frontières (croissance économique trop faible, chômage trop fort…), mais aussi à l’extérieur. 

Pensons à l’Ukraine et au drame épouvantable qu’est l’explosion de cet avion avec ses 300 passagers tous tués. A ce jour, on a l’impression qu’il s’agit des conséquences d’une manœuvre militaire mal maîtrisée par des soldats mal formés, mal encadrés, mal contrôlés, emportés par leur volonté de tuer leur ennemi et confondant un avion civil avec un avion militaire. Si cette hypothèse se vérifie, quelle absurdité ! 

La guerre de 14-18 a commencé à Sarajevo avec un geste infiniment moins grave. Et on a vu ce que cela a entraîné…

Aujourd’hui, où va-t-on ? 

Plus que jamais nous avons besoin de paix. Plus que jamais nous avons besoin d’une forte volonté politique de préserver la paix. 

Plus que jamais nous avons besoin d’une Europe unie et forte qui garantisse cette paix… toujours menacée. 

Au lendemain de l’élection des députés européens on ne peut qu’espérer un sursaut de nos responsables politiques : que chacun, au Parlement, à la Commission, au Conseil européen, au Conseil, à la BCE, bref à tous les niveaux soit conscient de la gravité de la situation et choisisse les meilleures personnes pour exercer les plus hautes fonctions, et ceci dans l’intérêt général de l’Europe et des européens quels que soient par ailleurs leurs pays respectifs. L’heure des petites manœuvres et des petites mesquineries devrait être largement dépassée…On en reparlera plus tard, à partir de septembre, lorsque se mettront en place les différents rouages de l’Union. 

Catherine LALUMIERE

Dernière ligne droite

Le 25 mai, les citoyens européens sont appelés à voter. Voter pour ou contre l’Europe. Voter pour choisir les orientations politiques préférées par les uns ou par les autres.

On prévoit beaucoup d’abstentions et de votes extrêmes, autrement dit des attitudes de déception voire de rejet du projet européen en lui-même.

Jusqu’au dernier moment et évidemment après le 25 mai, quels que soient les résultats, nous continuerons le combat car nous sommes absolument convaincus que nous français (pour ne parler que de la France), nous avons besoin de l’Union européenne pour préserver l’essentiel, à savoir nos biens les plus précieux, biens matériels, économiques, industriels évidemment, mais aussi nos valeurs sociales, spirituelles, morales, une certaine conception de la société et de la place de l’homme dans la société.

Or certes les orientations politiques de l’UE doivent évoluer, être réformées. Des choix politiques différents de ceux qui ont dominé ces dernières années sont sans doute très souhaitables; c’est l’enjeu des choix électoraux présentés par les différentes listes en compétition le 25 mai.

Mais au-dessus de ces choix d’orientations politiques, nous avons une conviction qui repose sur des faits : dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, aucun de nos pays européens, y compris la France, n’a le poids suffisant pour défendre, seul, ses intérêts et ses idées. Il ne peut le faire efficacement qu’en s’unissant avec ses voisins dont il est finalement assez proche. L’Union est difficile car nous héritons de siècles d’histoire conflictuelle. Mais l’Union est le seul moyen de préserver, en définitive, ce que nous avons de plus important et de plus précieux.

 

Catherine LALUMIERE

Dans un mois, les élections européennes !

On redoute l’abstention. On redoute des votes hostiles à l’Europe. Et on redoute que tout cela n’aboutisse à un affaiblissement de l’Europe, et de la France en Europe.

Certes, on peut comprendre les abstentions et les votes de mauvaise humeur. Il y a mille raisons de mécontentement. Mais nos concitoyens doivent prendre conscience que l’affaiblissement de l’Union aboutit à « se tirer une balle dans le pied ». La France seule, repliée sur elle-même, malgré les incantations et les hochements de menton, est vouée à l’asphyxie et finalement au déclin.

Qu’on le veuille ou non, plus que jamais, seule l’Union fait la force dans le cadre d’une mondialisation qui est là même si on le regrette.

A partir de ce constat, les différentes familles politiques ont non seulement la possibilité mais ont le devoir de proposer les réformes, les réorientations qu’elles souhaitent. Et il y a beaucoup à faire.

 

Mais de grâce : ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain !

L'Ukraine

 

 Ces dernières années, l’Union européenne semblait ne s’occuper que de ses difficultés internes ; déséquilibre des finances publiques des Etats membres, préservation de l’euro, remise en ordre du secteur bancaire, nécessité d’une politique industrielle à l’échelle de l’Union, préservation de nos systèmes de protection sociale, etc. L’UE avait eu fort à faire pour mettre de l’ordre dans la maison.
 
Mais, pendant ce temps-là, le monde continue de bouger, notamment dans le proche voisinage de l’UE ; ainsi en Ukraine.
 
D’ores et déjà le cas ukrainien nous montre énormément de choses.
D’un côté un peuple qui a soif de liberté et se tourne vers l’UE avec l’espoir que celle-ci pourra les aider. Pour nos europhobes, il y a là matière à réflexion. Oui, il y a encore des millions de gens dans le monde qui font de l’Europe un symbole de liberté, de démocratie, de respect de la personne humaine.
D’un autre côté on constate avec crainte des menaces sur la paix. Que va faire la Russie ? Les « autruches » d’Europe occidentale qui pensent que la paix est évidemment acquise à jamais sur notre continent, ont eux aussi matière à réflexion. La paix n’est jamais un acquis définitif qui nous autoriserait à dormir sur nos deux oreilles. Nous avons besoin d’une vraie politique étrangère européenne avec de vraies stratégies, notamment avec la Russie, nous avons besoin d’une vraie politique de défense…
 
Bref, l’Ukraine nous oblige à sortir de notre tendance à l’introspection. Ne résistons pas à cette obligation. Demain risque d’être trop tard.

Nouvelle embellie franco-allemande ?

Dans la période sombre que nous traversons, quelques bonnes nouvelles éclairent l’horizon.

Ainsi, dans son dernier discours, la Chancelière Angela Merkel annonce sa volonté d’ouvrir davantage le marché allemand aux exportations des autres pays européens ; et, pour ce faire, elle accepte l’idée d’introduire en Allemagne un salaire minimum qui accroîtra la demande.

De leur côté, les nouveaux Ministres des Affaires européennes et de la Défense, Frank-Walter Steinmeier et Ursula von der Leyen, encouragés par le Président Joachim Gauck, révisent les positions allemandes en matière de défense, et renoncent à l’idée de laisser les alliés de l’Allemagne supporter seuls le poids des interventions militaires dans les zones de conflits pour rétablir la paix.

Les Français ne peuvent que se féliciter de ces évolutions outre-Rhin. Et si cette orientation se confirme le couple franco-allemand, dont nous avons tant besoin, s’en trouvera renforcé…

 

2014, une bonne année ?

 A toutes et tous je souhaite une très bonne année pour chacun d’entre vous, pour vos familles, pour vos proches amis ; pour tous ceux qui vous sont chers.

Et l’Europe ? Pour elle aussi je formule mille vœux de bonheur. Mais, sincèrement, j’aborde cette année avec une certaine anxiété. Que vont donner les élections au Parlement européen ?

Quelles seront les taux d’abstentions ? Quelle sera l’importance des votes eurosceptiques ? Quelle sera l’ampleur des dérives xénophobes, racistes et égoïstes ? Saura-t-on redonner du  souffle au projet européen ? Saura-t-on retrouver le vrai sens de ce projet qui va au-delà de la simple unification du marché ?

Ce projet européen, en vérité, est magnifique car il cherche à bâtir une société équilibrée et juste. Le monde a besoin de l’Europe. Mais les européens ne le savent même pas… Et pourtant ! Bienvenue à la Lettonie qui nous rejoint dans la zone euro. C’est un signe d’espoir. Bienvenue… 

2013

Septembre 2013 - l'Union européenne et la Syrie

En cette rentrée 2013, une fois encore, l’Union européenne est confrontée à un problème qu’elle ne sait pas résoudre : faut-il intervenir en Syrie militairement ou d’une autre manière ?

Puisque sa politique étrangère, pourtant largement mentionnée dans le Traité de Lisbonne, n’a encore que peu de contenu, l’UE laisse le premier rôle à ses États membres. Elle est à la remorque de ces derniers, soumise à leurs divisions et à leurs hésitations.

Comme eux, elle est prise en tenaille entre deux séries d’obligations et elle n’a pas le mode d’emploi pour choisir. D’un côté, la défense des droits de l’Homme impose une obligation morale et, dans une certaine mesure, juridique, encore que sur ce point il n’y ait que des textes au second degré. De l’autre côté, les États membres et l’UE sont soumis à l’obligation – cette fois clairement juridique – de respecter les règles du Conseil de sécurité de l’ONU, lequel est aujourd’hui paralysé en raison de l’attitude de la Russie et de la Chine.

Que faire ? Sans doute les décisions seront-elles influencées par la « tournure » que vont prendre les débats dans les pays concernés. C’est peut-être cela « la politique » dans nos régimes démocratiques : sentir vers quoi le vent tourne. Attitude modeste, empirique, apparemment prudente. Mais on ne peut s’en satisfaire ni au niveau des États, ni au niveau de l’UE.

Sans tomber dans le dogmatisme, une organisation comme l’Union européenne a besoin d’élaborer des stratégies et un corpus de principes d’action qui lui permettent de tenir son rôle sur la scène internationale au lieu de donner l’impression d’être totalement dépendante de ses États membres et d’improviser avec eux dans le brouillard pour aboutir finalement à l’inaction.

 

Catherine LALUMIERE

Enfin l'Europe !

Le 16 mai dernier, le Président de la République a parlé de l’Europe. On attendait cette déclaration qui, évidemment, devra être précisée, complétée et appliquée (au moins commencée à être appliquée…) tout au long de cette année qui prépare les élections européennes de juin 2014.
La direction, les objectifs sont encourageants, qu’il s’agisse d’instaurer une véritable gouvernance économique, de renforcer l’esprit de solidarité, de veiller à ce que le nécessaire rééquilibrage des budgets publics ne se fasse pas au détriment de la croissance, de l’emploi et de l’insertion des jeunes dans la société, etc.
La volonté de collaborer étroitement avec l’Allemagne va également dans la bonne direction, car c’est la condition pour que l’on puisse peser sur le cours des cours des événements.
Evidemment on ne peut être d’accord avec tout dans une UE pluraliste et diversifiée, mais on peut au moins se mettre d’accord pour négocier, avec la plus ferme volonté d’aboutir, des compromis acceptables permettant d’avancer vers plus d’Europe et une Europe réorientée dans de bonnes directions conciliant nécessaire rigueur et nécessaire obligation de croissance. Si on le veut…
 

Restons calmes, ne nous énervons pas…

Ces temps-ci, il y a quelque mérite à suivre ce conseil tant les propos des uns et des autres sont de nature à envenimer les relations entre européens, notamment entre la France et l’Allemagne : «tension amicale», «affrontement démocratique», «confrontation», etc., voilà les termes employés crescendo.

Certes, il faut réorienter les politiques européennes qui nous ont conduits à la crise financière, économique et sociale, en tout cas qui ne nous ont pas protégés de cette crise venue d’ailleurs.
Mais réorienter, pas n’importe comment. Le surendettement de certains Etats doit diminuer ; les déficits budgétaires annuels ne doivent plus être une habitude. Autrement dit, la relance économique demandée par la France et la remise en ordre financière pour ne pas dire la rigueur demandée par l’Allemagne, doivent se combiner. Tout le talent demandé aux responsables politiques est de fixer habilement le point d’équilibre.

Ce n’est pas facile, mais c’est faisable. Et ce sera d’autant plus faisable que l’on évitera des attaques excessives, surtout entre ces deux pays qui sont et restent le moteur de l’Europe indispensable à notre bien commun.

 

Catherine LALUMIERE
 

Les montagnes russes

L’Europe connait une période particulièrement oscillante, traversée de « douches écossaises » pénibles.

Au bilan des actions positives, on mettra les décisions ou les mises en chantier de décisions par la Commission, par exemple les travaux entrepris par le Commissaire Barnier pour améliorer et moraliser le marché intérieur.

On peut mettre aussi les actions de la Banque Centrale Européenne qui, sous l’impulsion de son Président Mario Draghi, est allée au maximum de ce que les Traités lui permettaient de faire.

On peut mettre enfin le récent discours du Président François Hollande, le 5 Février, devant le Parlement européen, discours très européen donnant de bonnes orientations pour le futur.

Mais il y a aussi les « douches froides ».

Ainsi en est-il du budget tel qu’il a été décidé par les gouvernements lors du sommet des 7 et 8 Février dernier. Ce n’est pas parce qu’il aurait pu être pire que ce budget est pour autant satisfaisant. Ces orientations budgétaires pour les sept années à venir sont étriquées, incapables de dynamiser l’économie européenne ou les politiques de solidarité.

Chaque Etat s’est vanté d’avoir obtenu de conserver à peu près ses acquis, mais il n’y a ni souffle, ni vision d’avenir.

Il reste à espérer que le Parlement européen qui, depuis le Traité de Lisbonne, a un vrai pouvoir de co-décision, saura utiliser ce pouvoir pour réaliser ce que les gouvernements n’ont pas su faire. A un an des élections de nos députés au Parlement européen, c’est pour celui-ci une belle occasion d’être utile.

Catherine LALUMIERE

Bonne année à toutes et à tous. Bonne année à l'Europe et aux européens !

Certains - surtout au sud - sortent de 2012 essorés et meurtris. Les excès de la finance et ses folies, le surendettement des Etats, et l'apaisement de l'Etat-providence qui en est résulté, tout cela a bousculé leur existence en entraînant chômage et baisse du pouvoir d'achat.

D'autres - plus au nord - ont tiré leur épingle du jeu.

Et l'Union européenne, dans tout cela, a finalement fait le travail que l'on attendait d'elle en assurant le minimum indispensable de cohésion et de solidarité. Au total, l'UE et l'Europe ont survécu et amorcé de nombreuses réformes. Tant mieux.

Certes, il faut aller plus loin, plus haut, plus fort. La crise - qui n'est pas finie - a démontré qu'il fallait plus d'Europe, une Europe encore plus intégrée, en fait plus fédérale si l'on ne se trompe pas sur le sens du mot "fédéral", et une Europe réorientée vers des choix politiques différents de ce qu'ils furent ces dernières années.

En définitive, 2013 devrait être une étape supplémentaire non seulement dans la voie des réformes nécessaires à court-terme, mais sur le chemin ambitieux d'un nouveau modèle de développement et d'un nouveau rôle que l'Europe devrait jouer dans le monde, un rôle différent de ce qu'il fut hier car tous les paramètres ont changé.

C'est un très bel enjeu qui demande évidemment une vision et du souffle.

C'est difficile, mais c'est passionnant ...

2012

L'Union européenne reçoit le prix Nobel de la Paix !

 

Quelle bonne nouvelle !

Certes cela peut surprendre car ce prix récompense plus souvent des personnes que des organisations. Mais aujourd'hui le choix du jury est particulièrement bienvenu. L'UE et l'Europe dans sa globalité (je pense notamment au Conseil de l'Europe) connaissent une période particulièrement difficile. Malaise, doute, scepticisme gagnent les esprits. Mais le jury Nobel nous rappelle l'essentiel. Oui, la construction européenne est un formidable défi, une superbe aventure. Promouvoir la démocratie, les droits de l'Homme, pacifier le continent européen : qui l'aurait cru possible dans les années sombres de la guerre !

Au delà de la crise actuelle, quelle plus belle raison d'espérer ?

Et quel plus bel exemple pour les jeunes du monde entier !

 Catherine Lalumière

 

Message de Catherine Lalumière à M. JAGLAND, Secrétaire général du Conseil de l'Europe et Président du jury du prix Nobel de la Paix (12/10/2012)

Monsieur le Secrétaire général,

C'est avec bonheur que j'ai appris le choix du jury pour le prix Nobel de la Paix. La désignation de l'UE, et au delà de celle-ci, de toute l'Europe, y compris le Conseil de l'Europe, pour symboliser les efforts en faveur de la démocratie, les droits de l'Homme et de la Paix, est un signe remarquable et bienvenu.

Dans cette période de crise et de doute, le Prix Nobel représente un magnifique espoir.

Permettez-moi, en européenne convaincue, de vous exprimer ici notre reconnaissance pour le geste que vous avez fait en faveur de l'Europe que nous aimons, celles des valeurs humanistes et de la démocratie.

Vacances 2012 ?

1er juillet : la période des vacances commence, mais pas pour tout le monde. Les « travailleurs » de l’Europe, les politiques, les fonctionnaires, les experts, etc… ont devant eux trois chantiers, étroitement imbriqués, et qu’ils ne peuvent déserter fut-ce pour quelques semaines.

Le chantier qui saute aux yeux est celui de l’économie et de la monnaie où, à côté des mesures d’urgence pour empêcher le hors-jeu de la Grèce, de l’Espagne et de l’Italie en attendant d’autres incendies, il faut aussi trouver le bon compromis entre deux exigences à peu près également justifiées : la rigueur pour remettre en ordre les finances publiques et la croissance pour éviter l’anémie. Un pas important a été franchi lors du sommet des 28 et 29 juin dernier. Mais ce premier pas doit être suivi par d'autres. C’est tout à fait faisable, même si, pour ce faire, il faut mélanger des approches traditionnellement de droite ou traditionnellement de gauche.

Le second chantier est celui des institutions. La crise a eu le mérite de confirmer que non seulement nous avions plus que jamais besoin de nous unir pour exister face à la puissance des nouveaux pays émergents, mais que nous avions aussi besoin d’une Europe forte avec des institutions capables de prendre rapidement des décisions cohérentes et audacieuses. Les idées fusent de tout côté. On reparle de fédéralisme. On en a reparlé au dernier sommet. C’est très bien. Il faut maintenant choisir et mettre en œuvre ces choix. C’est difficile, mais là aussi c’est tout à fait faisable.

Enfin, il y a un troisième chantier dont on parle moins ces temps-ci à Bruxelles, mais qui est extrêmement important : celui de la crise morale qui couve aujourd’hui en Europe. La crise économique y est pour quelque chose. La montée des nationalismes, le retour des tendances xénophobes, racistes, le rejet de l’autre et le repli sur soi… tout cela est la négation même du projet européen. Tout cela peut détruire l’Union européenne, la ronger de l’intérieur. Sur ce chantier-là, il faut prendre les choses à bras-le-corps.

Ceci dit : Bonnes vacances quand même !

Les semaines passent, les mois passent, l’élection présidentielle française approche, et toujours rien ou presque rien sur l’Europe, et sur le projet européen.

Sujets difficiles ? Certes.

Mais, précisément ce sont des sujets essentiels car ils commandent pour une large part l’avenir des français et européens que nous sommes. Ce sont des sujets sur lesquels il nous faut un bon pilote au gouvernail, et un pilote qui ait des idées.

Nous avons besoin de connaître ce que chaque candidat - et notamment les principaux - compte faire non seulement à court terme mais aussi à long terme.

Quelle est sa vision de l’Europe ? Quelle est sa vision de l’Europe dans le monde ?

Tout cela reste flou. Quel dommage !

2011-2012

Quelle tornade ! En cette fin d'année 2011 – début 2012, l’Europe connaît de multiples évènements et la plupart ne sont pas réjouissants.
La crise financière et économique se poursuit. Certes des mesures ont été prises, mais surtout dans le sens de la rigueur, fort peu en faveur de la croissance et de l’emploi.
Les opinions politiques oscillent entre le découragement et la révolte et l’on voit revenir des réactions nationalistes et populistes qui pourraient être très dangereuses, par exemple en Hongrie, mais aussi ailleurs.
Dans ce paysage passablement inquiétant, on ressent avec force le besoin de voir apparaître en Europe des responsables ayant des idées claires et une vision pour l’avenir. Une image s’impose, celle de Vaclav Havel dont le décès intervenu le 21 décembre dernier nous a laissés en deuil.
Oui, nous avons besoin de personnages d’une telle envergure. Il était européen jusqu’au plus profond de lui-même ; il avait compris, mieux que quiconque, ce que représentait le projet européen, et pourquoi son pays devait rejoindre les organisations européennes.
Nous avons besoin d’esprits libres comme le sien, de gens capables de bousculer le conservatisme politique, capables de voir au-delà de la pensée dominante qui sclérose tout. Nous avons besoin de vrais démocrates amoureux de la liberté.
En cette année 2012 où nous avons envie d’espérance «  Vaclav Havel ! reviens nous voir… de temps en temps… s’il te plaît… »

2011

  

Courage politique

Dans la tourmente actuelle, il est réconfortant d’entendre des voix fortes qui montrent le chemin.

C’est Helmut Schmidt, le Sage entre les Sages, qui admoneste ses compatriotes : « En tant que nation la plus peuplée de l’UE et Etat le plus fort du point de vue économique de la zone Euro, nous avons le devoir de rendre la solidarité dont nous avons été l’objet, en étant à notre tour solidaires avec nos voisins et nos partenaires » (discours prononcé le 10 novembre dernier à l’occasion de la remise d’un prix).

C’est Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances qui, dans un entretien publié dans Le Monde (13-14 novembre 2011), met tout son poids politique dans la balance : « Que l’Europe continue d’avancer. C’est notre grande mission. Car dans le monde globalisé du XXIème siècle, nous avons besoin d’une Europe forte, capable d’agir sur la scène mondiale ». Et il propose une révolution institutionnelle : l’élection au suffrage universel du Président de la Commission.

C’est Angela Merkel, quelques jours avant le Congrès de son parti, qui appelle à plus d’intégration et à des abandons de souveraineté nationale : « Parce que le monde change considérablement, nous devons être prêts à répondre aux défis. Cela signifiera davantage d’Europe, et non le contraire ».

Il n’y a pas que des allemands pour souhaiter plus d’Europe. Nombre de français et d’autres européens ont les mêmes convictions. Mais force est de constater que les grandes voix politiques en mesure de peser sur l’évolution des choses sont aujourd’hui du côté de Berlin. Arrogance de leur part ? Facile à dire, car il faut au contraire un grand sens des responsabilités pour s’engager si fortement en faveur d’une Europe plus unie et plus forte, au risque de heurter les réflexes populaires. Il faut une vision et… du courage. C’est valable dans tous les pays, y compris notre France.
 

1er Septembre 2011

On ne peut vraiment pas dire que les vacances 2011 aient été paisibles. De tous côtés, les crises ont rebondi : crise des dettes souveraines, les Etats n’arrivant pas à combler leurs déficits abyssaux ; crise des banques entraînées elles-mêmes par des créances pourries ; crise des économies léthargiques notamment en Europe ; crise de l’emploi et du pouvoir d’achat. Les Etats-Unis sont touchés ; l’Europe aussi.

Pour elle, reste malgré tout un espoir. Dans la tourmente, des voix de plus en plus nombreuses appellent à un renforcement des mécanismes communautaires. Ainsi, on avance dans la « gouvernance économique » ; le Président du Conseil européen accroît ses pouvoirs ; on s’engage vers un renforcement du Fonds de stabilité financière ; on parle de créer – enfin – des Eurobonds ; on rappelle que la solidarité est à la base de la construction européenne et non la stigmatisation des « mauvais élèves » etc…

Tout cela va très, trop lentement, mais… malgré tout… va dans le bon sens.

Contester : pourquoi ? jusqu'où ?

Nous ne sommes plus à Tunis il y a quelques mois, mais nous sommes aujourd’hui à Madrid où des hommes et des femmes, surtout des jeunes, manifestent leur colère. Entre les deux, il y a évidemment des différences, mais aussi des ressemblances.

Dans les deux cas, chômage, salaires trop faibles, bref difficultés économiques et sociales sont devenues insupportables. Mais dans les deux cas il y a aussi crise politique et morale. A Tunis, au Caire, dans d’autres pays arabes, la foule demande plus de liberté, de démocratie face à des régimes autoritaires devenus des prédateurs odieux. A Madrid, et plus ou moins dans toute l’Europe, la démocratie elle-même est en crise. Non seulement les mécanismes représentatifs se grippent, mais les valeurs, les repères de la société vacillent. Trop de dirigeants – pas tous heureusement - non seulement paraissent inefficaces pour résoudre les problèmes matériels, mais ils donnent l’image de gens dont l’action a perdu toute dimension éthique. Or la démocratie a besoin d’un contenu éthique pour ne pas dire moral.

La construction européenne est particulièrement concernée, elle qui s’est toujours voulue un modèle de démocratie et d’humanisme. Les citoyens européens sont-ils entrain de se réveiller…

L'UE acteur mondial ?

Il faudrait des pages pour analyser toutes les facettes du drame qui se joue entre les pays arabes en révolte et l’Union européenne, concernée mais hésitante et déchirée.

Peut-on laisser massacrer des populations civiles au prétexte que cela ne nous regarde pas ? Nos principes et nos engagements nous obligent à intervenir.

Mais comment éviter que le conflit ne dégénère et ne nous entraîne dans une lutte interminable comme en Irak ou en Afghanistan ?

Comment jouer les grands frères protecteurs sans que le spectre du colonialisme et de l’impérialisme ne nous colle à la peau ?

Comment l’Europe peut-elle exister en elle-même sans que les Etats membres ne viennent introduire leurs intérêts propres, leur orgueil, et leurs histoires respectives lourdes de sombres souvenirs ?

Est-ce que Lady Ashton est la personne capable d’incarner les valeurs de l’Europe, son idéal et le rôle de l’Europe dans le monde à venir ?

Que l’on se sent petit ! Et que le monde est grand !

Février 2011

La Méditerranée se rappelle à notre bon souvenir : la Tunisie, l’Egypte, peut-être d’autres encore…

A mes yeux, un constat domine tous les autres et m’impressionne comme ce fut le cas en 1989 lors de la chute du mur de Berlin : la force que porte en elle la soif de liberté et de justice. Pendant des années, des peuples paraissent tout accepter ; ils semblent dociles et obéissants. Mais voilà qu’un jour, ces mêmes peuples s’indignent, et soulèvent avec leur indignation une révolte d’une incroyable puissance.

Le succès n’est pas garanti ; d’autres difficultés commencent.

Mais cela fait du bien de voir des jeunes et des moins jeunes unir leurs forces pour prendre leur destin en main.
Et pour les européens que nous sommes, qui ont un peu la nostalgie des années où le souffle européen, l’idéal européen soulevait des montagnes, l’exemple que nous donne cette jeunesse du sud méditerranéen est rafraîchissant. Il nous rappelle que peu de choses résistent au désir de liberté d’un peuple résolu à l’obtenir.

Souhaitons leur tout le bonheur possible – ils le méritent.

A propos de l’Agenda 2011 distribué par l’Union européenne

Récemment, de nombreuses personnes ont été surprises et choquées par le contenu d’un agenda distribué par les services de la Commission, notamment dans les écoles. Cet agenda mentionne des fêtes de diverses religions … sauf la religion chrétienne.
Evidemment cette omission pouvait surprendre. Certains y ont même vu l’intention de minimiser les racines chrétiennes de la culture européenne et de diminuer l’importance des valeurs humanistes qui en sont issues.
Renseignements pris auprès de la Commission, l’intention malveillante semble absolument exclue, en tout cas de la part des instances européennes officielles. Nul ne peut les soupçonner de sous-estimer les racines chrétiennes de l’Europe.
Mais le mécanisme qui a abouti à ce pitoyable résultat est critiquable. En effet, les services de la Commission ont pris l’habitude de sous-traiter à des entreprises de la « Com » la confection de documents tels que cet agenda. Et les contrôles exercés par la Commission ne sont pas toujours rigoureux. Cette méthode de travail conduit à mettre en circulation des documents souvent coûteux, parfois mal faits et inadaptés à l’action pédagogique dont on a besoin pour faire comprendre l’Europe aux citoyens.
L’histoire de cet agenda illustre bien ce problème.
La FFME ne manquera pas de renouveler ses remarques et ses demandes auprès de la Commission, du Parlement et du Conseil afin que de telles erreurs ne se renouvellent pas.

Indignons-nous !

Ces jours, dans un petit opuscule qui se vend par milliers dans les librairies, Stéphane Hessel nous adresse cette admonestation. Comme il a raison ! S’agissant de l’Europe, en effet, nous devons résister à la tentation de l’indifférence et du laisser-faire. Nous devons rappeler que la violence, la xénophobie, la recherche de boucs-émissaires ne sont jamais des solutions durables.
Et nous avons besoin qu’un vieux monsieur, âgé de 93 ans, nous interpelle et nous secoue, lui qui a connu les pires heures du XX° siècle et qui, envers et contre tout, croit au pouvoir de la volonté et à la force de l’espérance.

Bonne année à tous.

Catherine Lalumière

2010

 

Editorial

Décembre est froid. Il neige. Les nouvelles de l’Europe nous parviennent sous la forme de glaçons qui ont du mal à fondre et à redevenir une belle eau claire.
L’Irlande, après la Grèce, est dans le noir, et ne doit son salut qu’à la solidarité des autres.
Le Portugal, l’Espagne, l’Italie … la France font leurs comptes et s’inquiètent. L’Allemagne commence à en « avoir assez » de donner le bon exemple et d’être vertueuse pour tout le monde.
Mais, finalement, l’UE résiste. Elle a commencé à prendre des décisions et de bonnes décisions. La Banque Centrale européenne tient le choc.
Si la volonté politique existe, si les bonnes résolutions se transforment en des politiques cohérentes, rigoureuses, et imaginatives, on verra le bout du tunnel. Si … Si … Si …
Souhaitons-nous mutuellement un joyeux Noël, en attendant de pouvoir se dire de toutes nos forces : bonne et heureuse année !

C'est parti... Le Conseil européen vient de désigner les titulaires des deux plus hauts postes créés par le Traité de Lisbonne : Herman Van Rompuy pour la Présidence du Conseil européen, et Catherine Ashton pour le poste de Haut représentant pour les affaires étrangères. Deux quasi inconnus.

Est-ce un mauvais signe ? Evidemment ceux qui croient en une Union européenne forte, jouant un rôle important sur la scène internationale, seront déçus. Déçus aussi par l'attitude des membres du Conseil décidés à choisir, à l'évidence, des personnalités qui, a priori, ne leur feront pas d'ombre.

Mais je veux imperturbablement faire preuve d'optimisme. Après tout, des inconnus, pas très charismatiques, peuvent donner d'heureuses surprises ...

Les européens et la Chine

Hu Jintao, le Président chinois, est en France pendant trois jours.
Depuis l’origine de la construction européenne, jamais nous n’avons été devant un tel changement : l’émergence d’une nouvelle très grande puissance qui désormais refuse de rester isolée et est bien décidée à tenir toute sa place – et quelle place – dans les relations internationales à l’échelle mondiales.
C’est un renversement des perspectives dont les européens commencent tout juste à prendre conscience. Non seulement à court terme pour définir les mesures à prendre pour sortir de la crise économique et financière, mais aussi à long terme pour réajuster – ce qui n’exclut pas de réaffirmer – les phases politiques et culturelles, les valeurs sur lesquelles est construit notre modèle européen de société. Plutôt que d’avoir peur, c’est le moment de réfléchir et de « foncer ».

Barroso : 382 voix pour, 219 contre, 117 abstentions

José Manuel Barroso est réélu Président de la Commission pour 5 ans. Ce n'est pas une surprise dès lors qu'il était présenté par tous les gouvernements de l'Union et que, au Parlement européen, la droite est majoritaire.

Ce n'est pas une surprise, mais pour beaucoup c'est une déception. En tout cas ce nouveau mandat ne soulève guère d'enthousiasme, même parmi ceux qui ont voté pour lui. Manque de courage et de volonté, manque de projet politique à la hauteur du difficile contexte actuel sont les reproches généralement formulés envers cet homme au demeurant très intelligent, habile et de surcroit parfaitement polyglotte.

C'est à lui de démontrer qu'il est encore capable d'un salutaire sursaut. L'Europe en a terriblement besoin.

Les Roms

Migration des Roms

L’Europe est depuis longtemps confrontée au « problème des Roms », tziganes, gitans, manouches… Notre amour des autres a visiblement des limites : tous ces « gens du voyage » sont trop différents de nous. Ils deviennent insupportables !

Alors certains des nôtres se permettent tout et n’importe quoi. Certes, l’Europe - tous pays confondus - a besoin de règles pour organiser le Vivre ensemble. La criminalité et la délinquance doivent être sanctionnées. Mais, de là à jeter aux orties les grandes valeurs humanistes qui sont notre fierté, il y a un pas. Non, nous ne pouvons pas jeter l’anathème sur un groupe entier sans distinguer au sein de ce groupe les délinquants de ceux qui n’ont rien fait de mal. Non, au risque de fouler aux pieds le principe d’égalité, nous ne pouvons pas distinguer entre les citoyens selon les modes et le moment de leur naturalisation. Non, nous ne pouvons pas utiliser des procédures qui infligent des traitements inhumains ou dégradants à des familles entières, notamment les enfants.

L’Europe a mis des siècles à forger les principes que l’on expose fièrement dans la Convention européenne des Droits de l’homme et dans la Charte des droits fondamentaux. A toute allure ce socle de valeurs peut s’effondrer… Attention !

L’Europe a fêté le 25e anniversaire de la signature des Accords de Schengen

© 2010 SIP / Nicolas Bouvy, tous droits réservés **

Le 13 juin 2010 a eu lieu la grande journée des festivités officielles au Luxembourg dans le cadre du 25e anniversaire de la signature des Accords de Schengen, village luxembourgeois, limitrophe de l'Allemagne etde la France. Une séance académique, suivie de l'inauguration du Musée européen à Schengen, a eu lieu en présence de nombreuses personnalités de l'Union européenne et de la Grande Région.
Ainsi ont participé aux festivités le Grand-Duc Henri et la Grande-Duchesse Maria Teresa, les représentants des États membres de l'Union européenne, Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, José Manuel Barroso, le président la Commission européenne, et Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. Les signataires de l’Accord, Robert Goebbels, ancien secrétaire d'État pour le Luxembourg, et Catherine Lalumière, ancienne secrétaire d'État pour la France, y ont également assisté.

 ** photo prise le 13/06/2010, à Schengen à l'occasion de la célébration du 25ème anniversaire de l'Accord de Schengen, Catherine Lalumière pour la France et Robert Goebbels pour le Luxembourg, deux des "signataires historiques" de l'accord s'entretiennent avec José Manuel Barroso et Viviane Reding, Président et vice-Présidente de la Commission européenne

Enfin !

Le 10 mai, au lendemain de la Journée de l’Europe, on apprenait une grande nouvelle : l’Union européenne adoptait un plan d’urgence de grande ampleur pour aider la Grèce et sauver l’euro. On aurait dû le faire plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais. La solidarité l’a emporté sur le repli sur soi. Bravo !
Pour autant ce n’est qu’un début. Nous savons bien qu’il faut aller plus loin :
-    Coordonner davantage les politiques économiques et aller vers une politique économique commune. Même mouvement dans le domaine fiscal et le domaine social. La zone euro a besoin de plus de cohérence et de cohésion.
-    Relancer la croissance. Celle de l’Europe est molle, très molle.
-    Donner des outils plus efficaces à la BCE pour qu’elle puisse intervenir, y compris pour aider les Etats membres en difficulté…

Tout cela nécessite de la volonté, une vision politique et, comme le disait Jean Monnet, de la DETERMINATION.   

9 Mai 2010

Cette année nous allons fêter le 60e anniversaire de la déclaration de Robert Schuman. Dans toute l'Europe, c'est l'occasion de faire un bilan.

Robert Schuman serait sans doute heureux de voir le chemin parcouru. D'abord l'unification du continent ; la terrible coupure Est-Ouest est terminée ; l'Union européenne rassemble 27 pays ; le Conseil de l'Europe en regroupe 47. Ensuite, l'accroissement des compétences et des pouvoirs délégués par les Etats à l'Union européenne qui est entrain de devenir une entité juridique et politique à part entière sur la scène internationale.

Certes les avancées sont cahotiques. On s'impatiente devant les lenteurs, les hésitations des instances dirigeantes. On est contre certaines décisions et orientations politiques. On s'interroge sur la capacité de l'Europe à faire vivre son modèle de société, ses valeurs, sa culture voire sa civilisation dans les crises et boulversements du Monde.

Mais le 9 Mai, tout de même, c'est une fête, un bonheur, un espoir qu'il faut savoir savourer et fabriquer. "Faîtes l'Europe" vous aussi !

EU 2020

Récemment se sont réunis à Bruxelles 9 think tanks pour discuter de l’Union et de la stratégie EU 2020.
Dans un futur proche, le groupe des Sages présidé par l’ancien Président du gouvernement espagnol, Felipe Gonzalez, doit remettre ses conclusions sur l’avenir de l’Europe.De nombreux ouvrages et articles sont rédigés sur ce thème : Où va l’Union européenne ?

Ce grand nombre d’études et de propositions est de bon augure. Mais, de grâce, de nous contentons pas d’analyser et de proposer. L’Europe a besoin de responsables politiques qui assument leurs responsabilités, qui décident, qui prennent des risques notamment celui de déplaire à court terme, bref qui aient de l’ambition politique.

Dans cette conjoncture, souhaitons que se concrétise l’idée lancée récemment par le nouveau Président du Conseil européen, M. Van Rompuy, de réunir tous les mois les chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil européen pour qu’ils assument en commun la responsabilité de tracer les orientations essentielles et prennent les décisions qui y sont liées.

Et souhaitons aussi que le Président de la Commission, José Manuel Barroso, manifeste la même détermination…

Janvier s'achève ...

L'UE est toujours en période de transition. Les nouvelles autorités ne prendront véritablement leurs fonctions qu'à la mi-février. Mais, tout de même on s'impatiente. Un exemple : Haïti. On sait que l'Union participera fortement à la reconstruction. C'est toujours ainsi que les choses se passent : l'UE est le plus grand bailleur de fonds pour l'aide aux pays en voie de développement.

Mais on aimerait que cela se voit un peu plus, que les représentants de l'Union soit un peu plus visibles. Il paraît que Catherine Ashton, la nouvelle haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères a pris quelques vacances. C'est son droit ... mais un minimum de sollicitude et de propositions concrètes exprimé sur les ondes envers le peuple haïtien aurait été bienvenu. La discrétion n'a pas que des avantages ...

Bonne année à tous !

Bonne année bien sûr ! Mais en ce qui concerne l'Europe on ne peut s'empêcher d'être perplexe. Certes la mécanique fonctionne : mise en oeuvre du traité de Lisbonne ; mise en place de la nouvelle Commission ; premiers pas du nouveau Parlement, etc ...

Mais on voit bien que, sur le fond des choses, l'Europe est sur la crête et risque de tomber sur la mauvaise pente ... ou sur la bonne.

Comment retrouver la croissance économique, mais une croissance non agressive qui ne détruise pas l'environnement, qui ne néglige pas la justice sociale, qui ne viole pas les libertés ? Comment développer une économie ouverte, sans retomber dans les excès d'un capitalisme financier devenu fou ? Comment assurer la sécurité des européens dans un monde qui reste lourd de conflits et de violences ?

Comment, comment ... ? Une année se termine, une autre commence qui aurait bien besoin de vision, d'imagination et de souffle ...

2009

  

Ouf !

A 67% les Irlandais viennent de voter "oui" au Traité de Lisbonne, débloquant ainsi un dossier qui empoisonnait l'atmosphère européenne. Espérons que l'obstacle tchèque ne résistera pas encore longtemps et que l'UE aura enfin, avant la fin de l'année, ce Traité tant attendu. C'est bien. Bien, pour les Institutions qui avaient besoin de réformes indispensables à leur fonctionnement. Bien, pour redonner un peu d'optimisme dans un climat par ailleurs très morose.

Mais ne nous y trompons pas. Les vraies raisons du pessimisme en Europe, les vrais griefs envers le système européen, demeurent. Et c'est à eux qu'il faudra s'attaquer en profondeur ... avec l'aide du Traité de Lisbonne.

La chute du Mur de Berlin

Catherine Lalumière et Mikhaïl Gorbatchev le 02/10/09 à Strasbourg - Photo Conseil de l'Europe - Sandro Weltin

Le 9 novembre 1989, j’étais à Oslo en visite officielle pour le Conseil de l’Europe. Avec ceux qui m’entouraient, nous avons appris la nouvelle du passage de milliers de berlinois de l’Est vers l’Ouest, sans mesurer immédiatement l’immense portée de l’événement, c’est-à-dire l’effondrement du communisme, des révolutions presque toutes sans violence dans les pays du Bloc de l’Est, l’éclatement de l’URSS…
Dans cette période historique qui bouleversa les équilibres du monde, des personnalités remarquables jouèrent un rôle magnifique, en Pologne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, dans les Etats baltes, en Bulgarie, en Roumanie…Partout.
Mais je garde une reconnaissance particulière à celui qui comprit l’impérieuse nécessité du changement et, malgré les pressions d’une partie de son entourage, sut éviter l’usage de la force et le bain de sang qui en aurait été la conséquence inéluctable : Mikhaïl Gorbatchev.
Je l’ai reçu à Strasbourg en juillet 1989. Il parlait déjà de « maison commune » et de partenariat entre l’Est et l’Ouest.
Je l’ai revu, ces jours derniers, toujours à Strasbourg, pour commémorer le vingtième anniversaire de la chute du Mur. A nouveau il s’est tourné vers l’avenir de l’Europe et de la Russie montrant, envers et contre tout, les raisons d’espérer.

Une bonne nouvelle : l'élection de Jerzy Buzek à la Présidence du Parlement européen

Les parlementaires nouvellement élus, viennent de porter à la la Présidence, pour la première fois, un citoyen polonais. C'est un bon signal qui montre que, malgré les difficultés, l'élargissement de l'UE entre dans les faits. Et ceci est d'autant plus remarquable que Jerzy Buzek est un modéré, un sage qui s'engage dans le combat politique sous la bannière de Solidarnosc.

Souhaitons que, aujourd'hui, il sache réconcilier les citoyens avec une Europe humaniste, moderne, solidaire et ouverte.

 

Pierre LELLOUCHE, nouveau Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes

La FFME apprend la désignation d'un nouveau Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes,  en la personne de M.Pierre LELLOUCHE, député de Paris, membre de la délégation pour l'UE de l'Assemblée Nationale.

M.LELLOUCHE est connu pour l'intérêt qu'il porte aux affaires internationales. Il fût notamment Président de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

La FFME souhaite entretenir les meilleures relations de travail avec le nouveau Ministre comme ce fût le cas avec ses prédécesseurs.

Nouvelle Présidente pour le réseau EUNET

Catherine GUY-QUINT, députée européenne de 1999 à 2009, a été élue présidente d’EUNET, (European Network for Education and Training), qui regroupe les Maisons de l’Europe de différents pays européens. Cette élection a eu lieu lors de l’Assemblée générale qui a réunie un grand nombre de ces Maisons le 21 Juin 2009 à Gimborn près de Cologne en Allemagne.

La nouvelle présidente a fixé quelques priorités pour son mandat, et en particulier celle de densifier le réseau des Maisons de l’Europe dans l’Union (aujourd’hui seulement 19 Etats membres ont créé de telles structures). En effet, plus que jamais, après les dernières élections il paraît important de développer sur l’ensemble du territoire européen de telles structures. Elles contribuent à une meilleure information et formation sur les questions européennes.

La France était représentée à cette AG par la Présidente de la Fédération Française des Maisons de l’Europe et par plusieurs Maisons de l’Europe (Beaumont, Douai, Grande-Thiérache, Laval, Nîmes, Rennes, Paris, Scy-Chazelle, Toulouse, Strasbourg, Yvelines).

Après les élections du 7 Juin

Comme prévu, il y a beaucoup de points noirs, mais quelques lueurs d’espoir :
Dans l’ensemble de l’Europe, un taux d’abstention record, surtout dans les milieux populaires: c’est inquiétant.
Dans plusieurs pays dont le Royaume-Uni, une montée des nationalismes aux antipodes de l’esprit européen : préoccupant.
En France, on échappe heureusement à ce mouvement nationaliste et on observe un phénomène encourageant : les campagnes qui ont eu de bons résultats sont celles où l’on a parlé de l’Europe, en mettant l’accent sur de grands projets (exemple : la protection de l’environnement).
Cela signifie que les électeurs, malgré leur dégoût ou leur colère, en fait, s’intéressent à l’Europe. Beaucoup la souhaitent différente. Beaucoup se plaignent d’être mal informés et peu écoutés. Mais cela ne signifie pas qu’ils soient définitivement indifférents.
Pour une Maison de l’Europe, ceci est une leçon et un encouragement à redoubler les efforts.

Aux urnes citoyens !

Le 7 juin, on vote… ou plutôt on devrait voter ; mais la campagne ne s’anime guère et on redoute une forte abstention.

Pourtant les enjeux sont incroyablement importants :

Importants, car la période est dure, incertaine. Elle nécessite des orientations politiques claires et fortes. L’élection des députés européens au suffrage universel peut donner ce souffle et cette direction.

Importants car c’est le moment de réorienter l’Union européenne si on est de ceux qui sont insatisfaits des idées politiques dominant ces dernières années, et qui veulent changer.

Importants car, dans toutes les régions, les électeurs vont avoir devant eux une offre politique très variée. Ils vont pouvoir choisir en toute liberté, y compris en tenant compte du vote « utile ».

Rappelons-nous aujourd’hui que le pire ennemi de l’Europe, c’est l’indifférence…